ACTE IV, T.kftU II
lu gHrnison des Tuileries, liés leur iiivestisseineul, on a intiTcepté une petite buiidr, armée d esipingoles, qui >< aciiemiuail {tur l(;s Champs-
Elysée». {MonlrMnt le fond du pMiMMye.} Elle est ll\. Et
à chaque instant un peut nous amener quelque
chevalier du poignard. (Averti inn- un motnement dàni
ta fonte.) En voici un de plus!
SCESE II
Lks Mêmes, SL'LEAU dii»rmé, dbix Sans-Cllottes, 8»bre au poing.
PREMIER SAXS-CLLOTTE
Ciloyen, on vient de nous dire que nous pouvions nous défaire, entre vos mains, de cet individu, qui nous embarrasse depuis longtemps. II s'est fait arrêter dans nos lignes, celle nuit, au moment où il essayait de passer aux Tuileries.
SLLl.AU.
J'ai un ordre régulier du département. Mais ces hommes refusent d'en tenir compte.
DEU.XIÈME S.VXS-CLXOTTE.
Nous ne sommes pas obligés de savoir lire.
SULEAL', exhibant «on Uiuer-pas*er à tofficier.
Et vous, est-ce que vous connaisse/, l'alphabet?
LOFFICIER.
Donnez voir. (Ustnt.) Le garde national porteur
316 TIlÉaOIGNE DE MÉRICOURT
du présent ordre se rendra au château... (Marmonnant le reste.)... Oui, les signatures sont en règle. Pourquoi n'êtes-vous pas nommé sur ce permis? Comment vous appelez-vous?... Il hésite... Ça doit être quelque noble... {Aux sans-culottes.) Fouillez-le !
SULEAU, couvrant sa poitrine.
C'est inutile. Je n'ai aucun papier sur moi. Mais je ne fais pas mystère de mon nom. Il est bien roturier : François Suleau.
DES VOIX DANS LA FOULE
Suleau... Suleau... le journaliste Suleau...
PREMIER CITOYEN
Suleau a été traduit devant le Châtelet de Paris, il y a dix-huit mois, pour crime de lèsenation. (Une rumeur hostile s'élève des groupes. A Suleau.)
Vous avez alors fait rire le prétoire par vos moqueries contre les principes de la liberté.
SULEAU
Chacun se défend selon son caractère. Préférez-vous donc les accusés qui tirent leur mouchoir pour faire pleurer tout le monde? Merci bien!... Au surplus, j'ai été acquitté.
DEUXIÈME CITOYEN
Parce que vos juges étaient contre-révolutionnaires.
TROISIÈME CITOYEN
Oui, ne lâchez pas Suleau ! Il a été à Coblentz. Il conspire avec l'étranger !
ACTK IV, ftCftNB III 317
LA FOULE
En prison!... En prison!...
LOFFICIEB.
Vous entendez la voix populaire.
SrLE.\L'. eêiayant de te dégager.
Mais je ne reconnais pas son autorit<^.
LA FOL'LK. $e ru^int vert lui, chfrcli.inl À le frapper.
A bas Suleau! A bas Suleau!...
L'OFFICIER, rtux gardes qui surgistent de U ruelle.
Dépéchez-vous de mettre celui-là sous clef, ou ça va prendre une mauvaise tournure ! (Us gurdes
nationaux entraînent Suleau. qui se débat et proteste. — A là
foule.) De la patience, sacrebleu ! Les gens qu'on arrête seront livrés, tantôt, à la sévérité des lois !