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ACTE VI, SCftNK III

Huui- nous, Kran^aÎA, a)> ! (]uel outrage! Quel trauHport il doit uxciter!

C'est nous qu'on ose méditer De rendre à l'antique esclavage 1

Aux armes, citovcns!

(Let VOIX de U cAntotiHde t'évàporent d»nt le refrain.)

Quelle chuusuu que celle qui met ainsi debout uu peuple tout entier !... Mais comment voudraitun que lu Hoyaul«5 se chargeât de mener la Hévolutiou à la victoire?... l£h bien 1 jetons le trône à bas!... C'est évident que tout est perdu, si l'on iio proclame pas, demain, la République !.. . L'insurrection partout est prête. Je l'entends qui marque le pus...

(Les voix, aériennes, reprennent à la cantonade ;;

Monsieur Veto avait promis Dêtie Udèle à sa patrie.

Mais il y a manqué.

Ne faisons plus quartier!

Dansons la Carmagnole !

Vive le sou! Vive le sou !

Dansons la Carmagnole !

Vive le son du canon !

Silence ! on va se réunir ce soir chez Théroigne !

(Elle entend un bruit de tambour, dans le ciel.) Rose,

depôche-toi! On bat déjà la générale par la rue de Tournon. Rose, éclaire la table de la salle à

[Uanger... (L'ancienne falle à manger se dessine doucement, .lU second plan de la seine, dans un redan de la façade de

pierre.) Ah ! la demeure est prête... Ecoute encore, Rose : si le citoyen Sieyès vient, tu éviteras

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qu'il se rencontre avec personne avant que je lui aie parlé... Comment se fait-il que mes amis ne soient pas encore ici?... Leur serait-il arrivé malheur?... Oui! je me rappelais, il y a un moment, ce qui leur est arrivé.... Je lai oublié... Non! je sais!... Oh! ils réussiront bien à venir tout de même : cette cloche des Cordeliers (On entend le tocsin.) fait assez de vacarme pour réveiller les morts!... Holà! mes amis! que

devenez-vous? L'heure sonne ! (Trois spectres entrent par la droite, sortant de la muraille. Ils portent leurs coutumes de Conventionnels, mais décolorés, grisâtres; et ils marchent avec la rigidité qu'on peut rêver pour des hommes de pierre.)

Pétion!... Barbaroux!... Grangeneuve!... Oh! je suis bien aise de vous revoir!... Comme vous êtes pâles!... Ah! dame! vous revenez de loin!...

(Les conduisant vers la salle à manger.) VouS trouverez là

des sièges et de quoi vous remettre. Vous êtes les premiers; mais nos amis ne sauraient plus tarder.

(Aux ombres de Grangeneuve et de Barbaroux.) Cette

marque rouge que vous avez au cou, qui vous

l'a faite? (S'adressant, cette fois, à Pétion, aussi.) Quels

ont été vos meurtriers à tous les trois? (Les trois

ombres indiquent la gauche, par où apparaissent Camille Desmoulins, Chabot, Fahre d'Églantine et Danton. — Théroigne va au-devant de ceux-ci.) Oui, c'cst toi, Camille, par

tes pamphlets!... C'est toi, Chabot, qui as chargé de tes accusations tout le parti de ton ami Grangeneuve!... C'est toi, Fabre d'Églantine, qui as mortellement déposé contre les Girondins!... C'est toi, Danton, qui, du haut de la Montagne, as lancé sur eux les foudres et les rochers de ton éloquence ! Ne te détourne point ! Je ne te

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