‹ Théâtre completChapitre 3 sur 193 · SCENE PHEMIEHE · texte numérisé non relu

SCENE PHEMIEHE

l.\l HK.NT. poif Gf:R.\Hl). />»<« HAV.Mo.M), mirent t un après l'autre par la porte de droite, second plan

CÈtiKUlK

Bonsoir, Laurent.

LAUnENT.

Le domestique m'a fait entrer ici. J'avais deinandé à voir l'un de ces messieurs, quand ils auraient tini leur dîner...

tO i.'KNKiMr:

GÉRARD

Oui, c'est bien. (Enlrée de Raymond.) Voici mOTl

frère aussi. Nous te recevons avant que Ton soit revenu de table. Si tu n'en as que pour quelques minutes, tu ne nous déranges pas... Qu'est-ce qui t'amène ?

LAURENT

Monsieur Gérard, je sais aujourd'hui quels sont ceux qui braconnent sur le domaine : c'est toute une bande de charbonniers, qui campent en ce moment sur la lisière des hêtres.

RAYMOND

Il ne s'agit pas d'être renseigné sur eux, mais de leur mettre la main au collet.

LAURENT

Monsieur Raymond, je m'emploierai à ça, cette nuit. Mais j'aurai affaire à des gens comme il n'y en a pas de pires. Alors donc, s'il doit m'arriver que j'y sois de ma peau, j'avais besoin que ces messieurs sachent d'avance à qui la faire payer. A présent, je m'en rapporte à eux, et voilà qui est dit.

GÉRARD

Tu seras bien assisté de ton camarade ?

LAURENT

Il est rentré malade, avant la soupe. Il ne tient pas debout. Il ne se retrouvera pas sur pied, sans doute, avant deux ou trois jours.

A< Ti: I, ftcfcNi. I 41

HAYMONn

Rli bi»*n ! attomls qu'il soit r<^labli. Ne lo risque pas à opérer sans roropagnon contre <ies malfaiteurs dan^'ereux.

LAIHKM

Est-ce qut* jf peux l«'S laisser, cett«* nuit, jeter le traîneau, comme j'ai u|»|)ris quiU y comptent, sur tout ce pauvre gibier, dan.> le quartier des Cinq-Champs et dans celui du Moulin-Brûl(^ î

RAYMONI»

Nos meilleures remises !... Les canailles !...

GÉRAKD

Tu as raison, Laurent, on ne les laissera pas faire ! (.1 HaymunJ. Nous l'escorterons, hein?

UAVMOND.

Parbleu, oui!... {i4 Uarant.) A quelle heure faudra-t-il ^tre en route?

LAURE.Vr.

Comme ces gens-là travailleront aussitôt après le coucher de la lune, j'ai décidé de partir sur les quatre heures et demie.

lUYMO.ND.

A cette heure-là, viens nous prendre devant le perron. Nous déciderons sil faut emmener un chien. Je descendrai une lanterne que j'ai là-

haut. Et maintenant, va faire un somme., Qu'est-ce qui te retient?

LAURENT

Vrai, si ces messieurs me permettaient d'avoir une opinion, ce serait qu'ils restent tranquillement couchés... Là-bas, on peut leur tirer dessus...

RAYMOND

Eh bien ! nous serons trois à riposter. Tu ne trouvais pas mauvais pour toi d'aller seul.

LAURENT

Moi, je suis garde, je suis commandé par mon service.

GÉRARD

En face des coups de feu, il n'y a plus ni maîtres ni serviteurs : il y a ceux qui marchent et ceux qui flanchent... Est-ce compris?

LAURENT

Oh ! je sais bien que ces messieurs n'ont pas froid aux yeux !

GÉRARD

Bon !... Alors, mon garçon, à tout à l'heure.

RAYMOND

Et, comme nous, charge ton fusil avec du gros plomb.

ACrE I, SCENES II El III i3

LAURENT

Monsieur Gérard, monsieur Raymond, à quatre heures et demie de la nuit, votre ^arde Laurent

sera là. {Il sort pur l.i porte ihi jardin.)

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