SCENE PHEMIEHE
l.\l HK.NT. poif Gf:R.\Hl). />»<« HAV.Mo.M), mirent t un après l'autre par la porte de droite, second plan
CÈtiKUlK
Bonsoir, Laurent.
LAUnENT.
Le domestique m'a fait entrer ici. J'avais deinandé à voir l'un de ces messieurs, quand ils auraient tini leur dîner...
tO i.'KNKiMr:
GÉRARD
Oui, c'est bien. (Enlrée de Raymond.) Voici mOTl
frère aussi. Nous te recevons avant que Ton soit revenu de table. Si tu n'en as que pour quelques minutes, tu ne nous déranges pas... Qu'est-ce qui t'amène ?
LAURENT
Monsieur Gérard, je sais aujourd'hui quels sont ceux qui braconnent sur le domaine : c'est toute une bande de charbonniers, qui campent en ce moment sur la lisière des hêtres.
RAYMOND
Il ne s'agit pas d'être renseigné sur eux, mais de leur mettre la main au collet.
LAURENT
Monsieur Raymond, je m'emploierai à ça, cette nuit. Mais j'aurai affaire à des gens comme il n'y en a pas de pires. Alors donc, s'il doit m'arriver que j'y sois de ma peau, j'avais besoin que ces messieurs sachent d'avance à qui la faire payer. A présent, je m'en rapporte à eux, et voilà qui est dit.
GÉRARD
Tu seras bien assisté de ton camarade ?
LAURENT
Il est rentré malade, avant la soupe. Il ne tient pas debout. Il ne se retrouvera pas sur pied, sans doute, avant deux ou trois jours.
A< Ti: I, ftcfcNi. I 41
HAYMONn
Rli bi»*n ! attomls qu'il soit r<^labli. Ne lo risque pas à opérer sans roropagnon contre <ies malfaiteurs dan^'ereux.
LAIHKM
Est-ce qut* jf peux l«'S laisser, cett«* nuit, jeter le traîneau, comme j'ai u|»|)ris quiU y comptent, sur tout ce pauvre gibier, dan.> le quartier des Cinq-Champs et dans celui du Moulin-Brûl(^ î
RAYMONI»
Nos meilleures remises !... Les canailles !...
GÉRAKD
Tu as raison, Laurent, on ne les laissera pas faire ! (.1 HaymunJ. Nous l'escorterons, hein?
UAVMOND.
Parbleu, oui!... {i4 Uarant.) A quelle heure faudra-t-il ^tre en route?
LAURE.Vr.
Comme ces gens-là travailleront aussitôt après le coucher de la lune, j'ai décidé de partir sur les quatre heures et demie.
lUYMO.ND.
A cette heure-là, viens nous prendre devant le perron. Nous déciderons sil faut emmener un chien. Je descendrai une lanterne que j'ai là-
haut. Et maintenant, va faire un somme., Qu'est-ce qui te retient?
LAURENT
Vrai, si ces messieurs me permettaient d'avoir une opinion, ce serait qu'ils restent tranquillement couchés... Là-bas, on peut leur tirer dessus...
RAYMOND
Eh bien ! nous serons trois à riposter. Tu ne trouvais pas mauvais pour toi d'aller seul.
LAURENT
Moi, je suis garde, je suis commandé par mon service.
GÉRARD
En face des coups de feu, il n'y a plus ni maîtres ni serviteurs : il y a ceux qui marchent et ceux qui flanchent... Est-ce compris?
LAURENT
Oh ! je sais bien que ces messieurs n'ont pas froid aux yeux !
GÉRARD
Bon !... Alors, mon garçon, à tout à l'heure.
RAYMOND
Et, comme nous, charge ton fusil avec du gros plomb.
ACrE I, SCENES II El III i3
LAURENT
Monsieur Gérard, monsieur Raymond, à quatre heures et demie de la nuit, votre ^arde Laurent
sera là. {Il sort pur l.i porte ihi jardin.)