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ACTE II, SCàNB XIII

assisté à mon interrogatoire, vous sauriez que lu certitude des deux frères, contre moi, est inébranlable !

NESTE.

Vous tuer! Mais, tant qu'on est vivant, il faut s'ingénier, au contraire, à ne pas mourir !... Vous tuer!... C'est un moyen de fou.

VIVAHCE.

Je n'ai rien de plus sage à faire. Désormais une âpre surveillance enferme la femme que j'aime. La vie sans elle ne m'est rien. Et c'est une double dette que je vais acquitter ; car, en me sacrifiant pour l'amour de celle qui est ma maîtresse, je me sacrifie aussi à l'honneur de l'autre, qui est mon amie.

N'ESTE

Est-ce que votre mort peut les tirer d'affaire aux yeux de ces maris enragés du besoin de savoir?...

VIVARCE.

Chaque minute de plus où ils me sentent encore de ce monde augmente l'obsession de leur jalousie physique. Un adoucissement leur viendra, soyez sûr, dès qu'ils ne me sauront plus, en chair et en os, tel que j étais pour faire ce qu'ils flairent que j'ai fait.

NESTE.

C'est horrible !

VIVARCE.

Vous ne dites plus que c'est fou... Écoutez donc : il faut qu'en dehors des intéressés tout le monde croie à un accident. Voici le soleil levé; le départ en chasse est plausible ; je prends un

fusil... (Ses yeux se fixent sur l'arme déposée par Raymond.) NESTE.

Mon ami...

VIVARCE.

Je ne dépasserai pas la lisière du parc, afin que l'on me découvre promptement. L'opinion croira qu'en sautant un fossé j'ai maladroitement fait partir une détente. Vous voyez comme cela s'arrange naturellement. Il ne me reste plus qu'à prendre congé de vous... Monsieur de Neste...

[Il tend au marquis une main que celui-ci laisse tendue da,ns le vide.)

NESTE.

Il y a ici une femme, toute mon âme me le dit, qui a le droit de savoir ce que vous prétendez faire de votre existence.

VIVARCE.

Sur votre âme, au contraire, ne risquez pas de suggérer à l'une des deux belles-sœurs la désastreuse idée d'agir contre son propre salut, par faiblesse pour moi. Attendez qu'il soit trop tard. Alors, mon destin étant accompli, elle ne se devra plus tout entière qu'à elle-même, pour sauver du

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