ACTE IV, RCÉNB V 3M
STANGV, « niilier.
Tue idée, tout à l'heure, m'avait travers<? l'esprit ; mais, en la fouillant, j't^prouve quelque stTUjuilt' h vous la soumettn*. Comme je n'envisa^'o pas d'envoyer cette fragile petite personne s'acclimater au Tropique, suis-je autorisé à vous offrir une tentation qui, pour un certain temps, vous ravirait à elle ?
MAHIK-JKANNE.
Si vous avez en vue une position avantageuse pour Didier, si vous avez un moyen de lui rendre la confiance en son travail, la foi dans la réussite et toute cette Hère ardeur qui était ma joie, ah! monsieur, parlez sans hésitation !
STAXGY.
Alors, voici : j'ignore quand je retrouverai du goût à retourner au centre de mes entreprises. Elles sont organisées de telle sorte qu'elles marchent actuellement sans moi, avec des contre-maîtres, des régisseurs, un intendant. Mais je suis avisé qu'il me mamjue par-dessus tout, là-bas, un homme qui joindrait à des capacités techniques la plus attentive probité : tel que vous m'êtes recommandé par madame Hevel, j'ai pensé à vous.
DIDIER
Monsieur, je reconnais profondément l'excellence de votre intention. Je sais aussi que, toute chance de relèvement, je dois m'empres-
LA cornsE nr flambeau
ser de la saisir. Mais, lorsqu'il est question de quitter ma femme, vous comprendrez, vous excuserez...
STAXGY.
Si c'est cependant la fortune qui vient à vous, pour que vous l'ayez dans un laps de temps assez court, ne sauriez-vous, Fun et l'autre, avoir une abnégation semblable à celle des ménages de marins?... D'ailleurs, après un premier semestre, il vous serait loisible de revenir en vacances, d'interrompre ainsi votre veuvage passager. L'an prochain, j'irais sans doute vous relayer à votre poste. Et puis, après, vous verriez !... Votre chère femme pourrait sans doute, impunément, se mettre à vous faire des visites, plus ou moins longues, de l'autre côté de l'Océan. Quant à la valeur de votre collaboration, je m'en acquitterais, d'abord, par un traitement fixe, qui serait très bien, et par un bel intérêt sur des opérations qui sont considérables. Je vous garantis qu'avec un peu de persévérance, en quelques années, vous serez indépendants, riches ; et, tous deux, vous vous avouerez alors que le résultat valait les efforts sur vous-mêmes qu'il aura pu vous coûter,
Marie-Jeanne, j'ai à réparer, j'ai à me réhabiliter, j 'ai à expier !
MARIE-JEANXE, à Didier.
Accepte! (à stangy.) J'acccptc pour lui... Nous
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ne serons jamais quittes envers vous!... C'est tlil, n'est-ce pas? Vous ne vous dédirez pas?,.. Niuis avons votre pamlc?
STANGY.
Oui, ma petite amie.
DIDIEH.
Ijuand aurie/-vous besoin que je fusse làbas ?
ST.VXtîV.
Le plus tôt serait le mieux. Je vais vous exposer ce qu'il y a tout de suite à faire... Si vous pouviez vous embarquer à la fin de ce mois ?
DIDIER
Marie-Jeanne î M 'éloigner de toi, avant ta complète guérison î
M.VH1E-JE.\.\NE.
Ne t'inquiète pas de moi. Prends avec monsieur Stangy toutes les dispositions qu'il faudra...
STA.NGY. A Didier.
Nous avons aussi à examiner ensemble de quelle façon vous tranchez vos attaches avec le jtassé. Mais n'en rebattons pas cette jolie tète. Ik'uduns-la à sa lecture, et, si vous le voulez iiien, marchons, avant que la cloche sonne pour le repas.
DIDIER
Comme il vous plaira, (il met un baiser sur le front de Marie-Jeanne.;
MARIE-JEANNE
Va. (A Stangy.) A bientôt. (Stangy et Didier sortent.)