‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 104 sur 566 · PYRRHUS, ORESTE, PHŒNIX · texte numérisé non relu

PYRRHUS, ORESTE, PHŒNIX

PYRRHUS

Je vous cherchais, seigneur. Un peu de violence

M'a fait de vos raisons combattre la puissance,

Je l'avoue ; et depuis que je vous ai quitté,

J'en ai senti la force et connu l'équité.

J'ai songé comme vous, qu'à la Grèce , à mon père,

A moi-même, en un mot, je devenais contraire ;

Que je relevais Troie, et rendais imparfait

Tout ce qu'a fait Acliille, et tout ce que j'ai fait.

Je ne condamne plus un courroux légitime ;

Et l'on vous va, seigneur, livrer votre victime.

ORESTE

Seigneur, par ce conseil prudent et rigoureux, C'est acheter la paix du sang d'un malheureux.

PYRRHUS

Oui ; mais je veux, seigneur, l'assurer davantage : D'une étemelle paix Hermione est le gage; Je l'épouse. Il semblait qu'un spectacle si doux N'attendit en ces lieux qu'un témoin tel que vous : Vous y représentez tous les Grecs et son père, Puisqu'en vous Ménélas voit revivre son frère. Voyez-la donc. Allez. Dites-lui que demain J'attends avec la paix son cœur de votre main.

ORESTE, à part.

Ail dieux !

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