‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 107 sur 566 · ORESTE , PYLADE · texte numérisé non relu

ORESTE , PYLADE

PYLADE

Modérez donc , seigneur, cette fureur extrême

Je ne vous connais plus -, vous n'êtes plus vous-même. Souffrez...

ORESTE

Non , tes conseils ne sont plus de saison, Pylade; je suis las d'écouter la raison. C'est traîner trop longtemps ma vie et mon supplice : Il faut que je l'enlève, ou bien que je périsse. Le dessein en est pris -, je le veux achever : Oui, je le veux.

PYLADE

Eh bien , il la faut enlever ; J'y consens. Mais songez cependant où vous êtes. Que croira-t-on de vous , à voir ce que vous faites? Dissimulez -. calmez ce transport inquiet; Commandez à vos yeux de garder le secret. Ces gardes , cette cour, l'air qui vous environne , Tout dépend de Pyrrhus, et surtout d'Hermione. A ses regards surtout cachez votre courroux. O dieux! en cet état pourquoi la cherchiez-vous?

Que sais-je? De moi-même étais-je alors le maître? La fureur m'emportait , et je venais peut-être Menacer à la fois l'ingrate et son amant.

,. ..J*i PYLADE.

Et quel était le fruit de cet emportement ?

ORESTE

Bt quelle âme , dis-moi , ne serait éperdue

Du coup dont ma raison vient d'être confondue?

Il épouse , dit-il , Hermione demain ;

Il veut-, pour m'honorer, la tenir de ma main.

Ah ! plutôt cette main dans le sang du barbare...

PYLADE

Vous l'accusez, seigneur, de ce destin bizarre : Cependant, tourmenté de ses propres desseins, n est peut-être à plaindre autant que je vous plains.

ORESTE

Non, non-, je le connais, mon désespoir le flatte; Sans moi , sans mon amour, il dédaignait l'ingrate ; Ses charmes jusque-là n'avaient pu le toucher : Le cruel ne la prend que pour me l'arracher. Ah dieux ! c'en était fait : Hermione gagnée

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