‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 110 sur 566 · HERMIONE, CLÉONE · texte numérisé non relu

HERMIONE, CLÉONE

HERMIONE

Âttendais-tu , Cléone , xai courroux si modeste ?

CLÉONE

La douleur qui se tait n'en est que plus funeste. Je le plains d'autant plus qu'auteur de son ennui , Le coup qui l'a perdu n'est parti que de lui. Comptez depuis quel temps votre hymen se prépare : n a parlé, madame-, et Pyrrhus se déclare.

HERMIONE

Tu crois que Pyrrhus craint.? Et que craint-il encor? Des peuples qui , dix ans , ont fui devant Hector ; Qui cent fois , effrayés de l'absence d'Achille , Dans leiu-s vaisseaux brûlants ont cherché leur asile ; Et qu'on verrait encor , sans l'appui de son fils , Redemander Hélène aux Troyens impunis ?

Non , Cléone , il n'est point ennemi de lui-même -. Il veut tout ce qu'il fait; et s'il m'épouse , il m'aime. Mais qu'Oreste , à son gré , m'impute ses douleurs ; N'avons-nous d'entretien que celui de ses pleurs ? Pyrrhus revient à nous. Eh bien, chère Cléone , Conçois-tu les transports de l'heureuse Hermione? Sais-tu quel est Pyrrhus ? T'es-tu fait raconter Le nombre des exploits... Mais qui les peut compter? Intrépidé, et partout suivi de la victoire , Charmant, fidèle; enfin rien ne manque à sa gloire. Songe...

CLÉONE

Dissimulez -. votre rivale en pleurs Vient à vos pieds , sans doute, apporter ses douleurs.

HERMIONE

Dieux ! ne puis-je à ma joie abandonner mon âme ! Sortons. Que lui dirais-je ?

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