ACTE III, SCÈNE lO
Une confusion , une masse sans forme , Un désordre , un chaos , une cohue énorme.
UmJS ERAT TQTO NATURE TULTtS IN ORBE, QUEH CR£CI DIXERE CHAOS , RUDIS INDIGESTAQUE MOLES. (Oandin endormi se laisse tomber. ) LÉANDRE.
Quelle chute ! mon père!
PETIT-JEAN
Ay, monsieur ! comme il dort !
LÉANDRE
Mon père , éveillez- vous.
PETIT- JEAN
Monsieur, êtes- vous mort.'
LÉANDRE
Mon père !
DANDIN
Eh bien ? eh bien ? quoi ? qu'est-ce ? Ah ! ah ! quel homme ! Certes , je n'ai jamais dormi d'un si bon somme.
LÉANDRE
Mon père , il faut juger.
DANDIN
Aux galères.
Un cliien Aux galères!
DANDIN
Ma foi ! je n'y conçois plus rien.
De monde , de chaos , j'ai la tête troublée. Eh ! concluez.
l'intimé , lui présentant de petits chiens.
Venez, famille désolée; ' Venez, pauvres enfants qu'on veut rendre orphelins. Venez faire parler vos esprits enfantins. Oui , messieurs , vous voyez ici notre misère : Nous sommes orphelins , rendez-nous notre père , Notre père , par qui nous fûmes engendrés, Notre père , qui nous...
DANDIN
Tirez, tirez , tirez.
l'intimé.
Notre père , messieurs. . .
D,VNDIN.
Tirez donc. Quels vacarmes .
^^f^lX^^^m l'intimé.
ftlonsieur, voyez nos larmes.
DANDIN
Ouf! Je me sens déjà pris de compassion, Ce que c'est qu'à propos toucher la passion ! Je suis bien empêché. La vérité me presse ; Le crime est avéré; lui-même il le confesse. Mais , s'il est condamni , l'embarras est égal; Voilà bien des enfants réduits à l'hôpital. Mais je suis occupé , je ne veux voir personne.