ACTE I , SCENE rr
Des flammes, de la faim , des fureurs intestines, i-gf) auov-srtuU:
Et laissa leurs remparts cachés sous leurs ruiuesoom -tuoq ,euii1
Rome vous vit , madame , arriver avec lui. ^a.v^fj 'uisq !i
Dans l'Orient désert quel devint mon ennui ! iuO
Je demeurai longtemps errant dans Césarée , r. j
Lieux ciiarmants , où mon cœur vous avait adorée :
Je vous redemandais à vos tristes Etats ;
Je cherclàais , en pleurant, les traces de vos pas. ito/
Mais enfin , succombant à ma mélancolie , ' - i
Mon désespoir tourna mes pas vers l'Italie :
Le sort m'y réservait le dernier de ses coups.
Titus en ni'embrassant m'amena devant vous • m^
Un voile d'amitié vous trompa l'un et l'autre , ; :i
Et mon amour devint le confident du vôtre. («K
Mais toujours quelque espoir flattait mes déplaisirs -wa
Rome , ^'cspasien , traversaient vos soupirs. MSâisi iusdshoK
Après tant de combats , Titus cédait peut-être.
Vespasien est mort , et Titus est le maître. itib 9(a ayp '. i\(
Que ne fuyais-je alors î J'ai voulu quelques jours
De son nouvel empire examiner le cours.
Mon sort est accompli : votre gloire s'apprête. \i.\f.
Assez d'autres , sans moi , témoins de cette fête ,
A vos heureux transports viendront joindre les leurs ; . '
Pour moi , qui ne pourrais y mêler que des pleurs ,
D'un inutile amour trop constante victime ,
Heureux dans mes malheurs d'en avoir pu sans crime ,j
Conter toute l'histoii e aux yeux qui les ont faits , , t. /
Je pars plus amoureux que je ne fus jamais. lul
BÉRÉNICE. I j
Seigneur, je n'ai pas cru que , dans une journée ,t ' '
Qui doit avec César unir ma destinée , ,11
Il fût quelque mortel qui prtt impunément -i, :
Se venir à mes yeux déclarer mon amant.
Mais de mon amitié mon silence est un gage : ,
J'oublie en sa faveur un discours qui m'outrage. • . , ^
Je n'en ai point troublé le cours injurieux ;
Je fais plus , à regret je reçois vos adieux. ,- f,-
Le ciel sait qu'au milieu des honneurs qu'il m'envoie t.r
Je n'attendais que vous pour témoin de ma joie :
Avec tout l'univers j'honorais vos vertus;
Titus vous chérissait , vous admiriez Titus.
286 BÉRÉNICE
Cent fois je me suis fait une douceur extrême D'entretenir Titus dans un autre lui-même.
ANTiocaus.
Et c'est ce que je fuis. J'évite , mais trop tard, Ces cruels entretiens où je n'ai point de part. Je fuis Titus ; je fuis ce nom qui m'inquiète , Ce nom qu'à tous moments votre bouche répète : Que vous dirai-je enfin? je fuis des yeux distraits, Qui , me voyant toujours, ne me voyaient jamais. Adieu. Je vais , le cœur trop plein de votre image , Attendre, en vous aimant, la mort pour mon partage. Surtout ne craignez point qu'une aveugle douleur Remplisse l'univers du bruit de mon malheur : Madame , le seul bruit d'une mort que j'implore Vous fera souvenir que je vivais encore. Adieu.