ACTE m, SCÈNE H
Mon règne ne sera qu'un long bannissement ,
Si le ciel , non content de me Tavoir ravie ,
Veut encor ra'affliger par une longue vie.
Vous , que-l'amitié seule attache sur ses pas ,
Prince , dans son malheur ne l'abandonnez pas •
Que l'Orient vous voie arriver à sa suite ;
Que ce soit un triomphe , et non pas une fuite.
Qu'une amitié si belle ait d'éternels liens ;
Que mon nom soit toujours dans tous vos entretiens.
Pour rendre vos États plus voisins l'un de l'autre ,
L'Euphrate bornera son empire et le vôtre.
Je sais que le sénat , tout plein de votre nom ,
D'une commune voix confirmera ce don.
Je joins la Cilicie à votre Comagène.
Adieu. Ne quittez point ma princesse , ma reine
Tout ce qui de mon cœur fut l'unique désir,
Tout ce que j'aimerai jusqu'au dernier soupir.