ACTE III. SCÉ->E IV. 3C
Tu me voyais tantôt inquiet , égaré ; Je partais amoureux, jaloux, désespéré ; Et maintenant , Arsace , après cette défense, Je partirai peut-être avec indifférence.
AKSACE.
Moins que jamais , seigneur, il faut vous éloigner.
A.NTIOCHCS.
Moi, je demeurerai pour me voir dédaigner ? Des froideurs de Titus je serai responsable .' Je me verrai puni parce qu'il est coupable ? Avec queUe injustice et quelle indignité Elle doute , à mes yeux, de ma sincérité ! Titus l'aime , dit-elle , et moi je l'ai trahie. L'ingrate ! m'accuser de cette perfidie ! Et dans quel temps encor ! dans le moment fatal Que j'étale à ses yeux les pleurs de mon rival ; Que pour la consoler je le faisais paraître Amoureux et constant, plus qu'il ne l'est peut-être.
ARSACE
Et de quel soin , seigneur, vous allez vous troubler ? Laissez à ce torrent le temps de s'écoukr : Dans huit jours, dans un mois , n'importe , il faut qu'il passe. Demeurez seulement.
ANTIOGHUS.
Non; je la quitte, Arsace.
Je sens qu'à sa douleur je pourrais compatir : Ma gloire, mon repos , tout m'excite à partir. Allons -, et de si loin évitons la cruelle , Que de longtemps, Arsace, on ne nous parle d'elle. Toutefois ii nous reste encore assez de jour : Je vais dans mon palais attendre tcm retour; Va Toir si la douleur ne l'a point trop saisie. Cours ; et partons du moins assurés de sa vie.
308 BÉRÉNICE