ACTE m, SCÈMi IV. 3S
Et descendre du trône , et courir à la mort.
CRÉON
Ali ! Ménécée est mort, le ciel n'en veut point d'autre . Laissez couler son sang , sans y mêler le vôtre ; Et puisqu'il l'a versé pour nous donner la paix , Accordez-la, seigneur, à nos justes souhaits.
ÉTÉOCLE
Hé quoi ! même Créon pour la paix se déclare?
CRÉO.N.
Pour avoir trop aimé cette guerre barbare , Vous voyez les malheurs où le ciel m'a plongé •• Mon fils est mort , seigneur.
ÉTÉOCLE
Il faut qu'il soit vengé.
CRÉON
Sur qui me vengerais-je en ce malheur extrême?
ÉTÉOCLE. V
Vos ennemis, Créon, sont ceux de Thèbes môme Vengez-la , vengez-vous.
cnÉoN.
Ah ! dans ses ennemis Je trouve votre frère , et je trouve mon fds : Dois-je verser mon sang , ou répandre le vôtre ? Et dois-je perdre un fds pour en venger un autre? Seigneur , mon sang m'est cher , le vôtre m'est sacré ; Serai-je sacrilège, ou bien dénaturé?
Souillerai-je ma main d'un sang que je révère? Serai-je parricide , afin d'être bon père ? Un si cruel secours ne me peut soulager; Et ce serait me perdre au lieu de me venger. Tout le soulagement où ma douleur aspire , C'est qu'au moins mes malheurs servent à votre empire. Je me consolerai , si ce fils que je plains .\ssure par sa mort le repos des Thébains. Le ciel promet la paix au sang de Ménécée : Achevez-la , seigneur , mon fils l'a commenc«''e ; Accordez-lui ce prix qu'il en a prétendu , Et que son sang en vain ne soit pas répandu.
JOa^STE.
Non, puisqu'à nos "malheurs vou5 devenez sensible , Au sang de Ménécée U n'est rien d'impossible.
36 tiiSFRÉREg ENNEMIS.
Que Thèbes se rassure après ce grand effort : i<v.<,li
Puisqu'il change votre âme , il changera son sort
La paix dès ce moment n'est plus désespérj^^.^.^y^y gi^jf
Puisque Créon la veut , je la tiens assurée.
Bientôt CCS cœurs de fer se verront adoucis :
Le vainqueur de Créon peut bien vaincre me^ fils
( A Étéocle. ) .,,^ , ,.i ,. i.rf., :,, 1 1 ; ;k . -d (;%i
Qu'un si grand changement vous désarme et vous toucbe; Quittez , mon fils , quittez cette haine farouche ; ,3^^ gn^yj^ Soulagez une mère, et consolez Créon ; Rendez-moi Polynice , et lui rendez Hémon.
ÉTÉOCLE. .n)î(1.9Î-S9fan9«A -
Mais enfin c'est vouloir que je m'impose un maître . Vous ne l'ignorez pas , Polynice veut l'être -, , f,.,; j ^^ Il demande surtout le pouvoir souverain , Et ne veut revenir que le sceptre à la main .