ACTE n, SCÈNE H
Peut-être que ma mort , utile à vos desseins , De l'heureux Araurat obtenant votre grâce , Vous rendra dans son cœur votre première place.
ROXAKE.
Dans son cœur ? Ah ! crois-tu , quand il le voudrait bien ,
Que, si je perds l'espoir de régner dans le tien ,
D'une si douce erreur si longtemps possédée .
Je puisse désormais souffrir une autre idée ,
Ni que je vive enfin , si je ne vis pour toi ?
Je te donne , cruel , des armes contre moi ,
Sans doute ; et je devrais retenir ma faiblesse :
Tu vas en triompher. Oui , je te le confesse ,
J'affectais à tes yeux une fausse fierté :
De toi dépend ma joie et ma félicité.
De rna sanglante mort ta mort sera suivie :
Quel fruit de tant de soins que j'ai pris pour ta vie !
Tu soupires enfin , et semblés te troubler :
Achève , parle.
BAJAZET
O ciel ! que ne puis-je parler I
ROXANE. .,.;,
Quoi donc ! que dites-vous? et que viens-je d'cnten^.; ^j.'-.
Vous avez des secrets que je ne puis apprendre.'
Quoi ! de vos sentiments je ne puis m'éclaircir ? ,
BAJAZET. i
Madame , encore un coup , c'est à vous de choisir : , /
Daignez m'ouvrir au trône un chemin légitime ; Ou bien, me voilà prêt, prenez votre victime.
ROVANE.
Ah ! c'en est trop enfin , tu seras satisfait. Holà , gardes , qu'on %ienne !