‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 382 sur 566 · AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE · texte numérisé non relu

AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE

CLVlEMiNESTRE.

Oui , seigneur, nous partions ; et mon juste courroux Laissait bientôt AchUle et le camp loin de nous : Ma fille dans Argos courait pleurer sa honte. Mais lui-même , étonné d'une fuite si prompte , l'ar combien de serments , dont je n'ai pu douter, Vient-il de me convaincre et de nous arrêter ! Il presse cet hymen qu'on prétend qu'il diffère , Et vous cherche , brûlant d'amour et de colère : Près d'imposer sDence à ce bruit imposteur, Achille en veut connaître et confondre l'auteur. Bannissez ces soupçons qui troublaient notre joie.

. AGAMEHNON.

Madame, c'est assez : je consens qu'on le croie. Je reconnais l'erreur qui nous avait séduits , Et ressens votre joie autant que je le puis. Vous voulez que Calchas l'unisse à ma famille. Vous pouvez à l'autel envoyer votre fille : Je l'attends. Mais, avant que de passer plus lom , J'ai voulu vous parler un moment sans témoin. Vous voyez en quels lieux vous l'avez amenée : Tout y ressent la guerre , et non point l'hyménée. Le tumulte^^d'un camp , soldats et matelots , v*^" Un autel hérissé de dards , de javelots , Tout ce spectacle enfin , pompe digne d'Achille , Pour attirer vos yeux n'est point assez tranquille; Et les Grecs y verraient l'épouse de leur roi Dans un état indigne et de vous et de moi. M'en croirez- vous ? laissez , de vos femmes suivie , A cet hymen, sans vous, marcher Iphigénie.

CLYTKMNESTRE.

Qui? moi ! que , remettant ma fiUc en d'autres bras,

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