‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 40 sur 566 · ACTE V, SCÈNE UI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE UI

Le trône pour vous deux avait trop peu de plrce , Il fallait entre vous mettre un plus grand espace , Et que le ciel vous mit, pour finir vos discords , L'un parmi les vivants, l'autre parmi les morts. Infortunés tous deux , dignes qu'on vous déplore ! Moins malheureux pourtant que je ne suis encore , Puisque de tous les maux qui sont tombés sur vous Vous n'en sentez aucun , et que je les sens tous !

OLYMPE

Mais pour vous ce malheur est un moindre supplice Que si la mort vous eût enlevé Polynice ; Ce prince était l'objet qui faisait tous vos soins ; Les intérêts du roi vous touchaient beaucoup moins.

ANTIGONE

!1 est vrai , je l'aimais d'une amitié sincère ; Je l'aimais beaucoup plus que je n'aimais son frère : Et ce qui lui donnait tant de part dans mes vœux , Il était vertueux , Olympe, et malheureux. Mais , hélas ! ce n'est plus ce cœur si magnanime , Et c'est un criminel qu'a couronné son crime : Son frère plus que lui commence à me toucher; Devenant malheureux , il m'est devenu cher.

OLTMPE.

Créon vient.

ANTIGONE

Il est triste; et j'en connais la cause : Au courroux du vainqueur la mort du roi l'expose. C'est de tous nos malheurs l'auteur pernicieux.

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