SCÈNE VI
ULYSSE, CLYTEMNESTRE, ARCAS, iEGINE, gardks.
ULYSSE
Non, votre fille vit , et les dieux sont contents. Rassurez-vous -. le ciel a voulu vous la rendre
CLYTEMNESTRE
Elle vit 1 et c'est vous qui venez me l'apprendre !
ULYSSE
i^ Oui , c'est moi , qui longtemps contre elle et contre vous |.r Ai cru devoir, madame, affermir votre époux;
Moi qui, jaloux tantôt de l'honneur de nos armes. Par d'austères conseils ai fait couler vos larmes ; Et qui viens, puisque enfin le ciel est apaisé , Réparer tout l'ennui que je vous ai causé.
CLYTEMNESTRE
Ma fille! Ah, prince! O ciel! je demeure éperdue. Quel miracle, seigneur, quel dieu me l'a rendue ?
ULYSSE
Vous m'en voyez moi-même , en cet heureux moment ,
Saisi d'horreur, de joie et de ravissement.
Jamais jour n'a paru si mortel à la Grèce.
Déjà de tout le camp la discorde maîtresse
Avait sur tous les yeux mis son bandeau fatal
Et donné du combat le funeste signal.
De ce spectacle affreux votre fille alarmée
Voyait pour elle Achille, et contre elle l'année :