‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 428 sur 566 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PHÈDRE, mPPOLYTE, ŒNONB

PHÈDRE, à Œnone, dans le fond du théâtre.

Le voici. Vers mon cœur tout mon sang se retire . J'oublie, en le voyant, ce que je viens lui dire.

OCNONE.

Souvenez-vous d'un fils qui n'espère qu'en vous.

520 PHtOHE.

CIIKDRF.

On (lit qu'un prompt départ vous éloigne de nous, Seigneur. A vos douleurs je viens joindre mas lan:ics; Je vous viens pour un fds expliquer mes alarmes. Mon fds n'a plus de père, et le jour n'est pas loin Qui de ma mort encor doit le rendre témoin. Déjà mille ennemis attaquent son enfance : Vous seul pouvez contre eux embrasser sa déf(;nse. Mais un secret remirds agite m3S esprits . Je crains d'avoir fermé votre oreille à ses cris ; Je tremble que sur lui votre juste colère Ne poursuive bientôt une odieuse mère.

HIPPOLYTE

Madame, je n'ai point des sentiments si bas.

PHÈDRE

Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas,

Seigneur; vous m'avez vue attachée à vous nuire -.

Dans le fond de mon cœur vous ne pouviez pas lire.

A votre inimitié j'ai pris soin de m'offrir;

Aux bords que j'habitais je n'ai pu vous souffrir ;

En public, en secret, contre vous déclarée,

J'ai voulu par des mers en être séparée ;

J'ai même défendu par une expresse loi

Qu'on osât prononcer votre nom devant moi :

Si pourtant à l'offense on mesure la peine,

Si la haine peut seule attirer votre haine ,

Jamais femme ne fut plus digne de pitié,

Et moins dignp, seigneur, de votre inimitié.

niPPOLYTE.

Des droits de ses enfants une mère jalouse Pardonne rarement au fils d'une autre épouse -, .Madame, je le sais : les soupçons importuns Sont d'un second hymen les fruits les plus coiniiiu:is. Toute autre aurait pour moi pris les mêmes ombragèis/ Et j'en aurais peut-être essuyé plus d'outrages. ''• ',

PntonE. ^naii/o'J

Ah, seigneur! que le ciel, j'ose ici l'attester, ^o■T•f. r.T'

De cette loi commune a voulu m'excepter ! Qu'un soin bien différent me trouble et med<.h-ore:

UIPPOLYTE.

Madame, il n'est pas temps de vous troubler encore; Peut-être votre éjtoux voit encore le jour ; Le ciel peut à nos pleurs accorder son retour.

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