ACTE V, SCENE V
Un bonheur si commun n'a pour moi rien de doux ; Ce n'est pas unboaheur, s'il ne fait des jaloux. Mais le trône est un bien dont le ciel est avare : Du reste des mortels ce haut rang nous sépare ; Bien peu sont honorés d'un don si précieux : La terre a moins de rois que le ciel n'a de dieux. D'ailleurs tu sais qu'Hémon adorait la princesse , Et qu'elle eut pour ce prince une extrême tendresse : S'il vivait , son amour au mien serait fatal. En me privant d'un fils, le ciel m'ôte un rival. Ne me parle donc plus que de sujets de joie : Souffre qu'à mes transports je m'abandonne en proie; Et , sans me rappeler des ombres des enfers , Dis-moi ce que je gagne , et non ce que je perds. Parle-moi de régner; parle-moi d'Antigone : J'aurai bientôt son cœur, et j'ai déjà le trône. Tout ce qui s'est passé n'est qu'un songe pour moi : J'étais père et sujet , je suis amant et roi. La princesse et le trône ont pour moi tant de charmes , Que... Mais Olympe vient.
ATTAUE.
Dieux ! elle est tout en larmes.