‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 454 sur 566 · THÉSÉE, ARICIE · texte numérisé non relu

THÉSÉE, ARICIE

Vous changez de couleur, et semblez interdite , Madame. Que faisait Hippolyte en ce lieu?

ARICIE

Seigneur, il mo disait un éternel adieu.

THÉSÉE

Vos yeux ont su dompter ce rebelle courage ;

Et ses premiers soupirs sont votre heureux ouvrage.

ARICIE

Seigneur, je ne vous puis nier la vérité :

De votre injuste haine il n'a pas hérité ;

Il ne me traitait point comme une criminelle.

THÉSÉE

J'entends : il vous jurait une amour éternelle. Ne vous assurez point sur ce cœur inconstant ; Car à d'autres que vous il en jurait autant.

ARICIE

Lui, seigneur?

THÉSÉE

Vous deviez le rendre moins volage :

Comment souffriez-vous c«t horrible partage?

ARICIE

Et comment soufTrez-vous que d'horribles discours D'une si belle vie osent noircir le cours? Avez- vous de son cœur si peu de connaissance? Discernez-vous si mal le crime et l'innocence ? Faut-il qu'à vos yeux seuls un nuage odieux

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Dérobe sa vertu , qui brille à tous les yeux ? Ah ! c'est trop le livrer à des langues perfides. Cessez -. repentez-vous de vos vœux homicides ; Craignez , seigneur, craignez que le ciel rigoureux Ne vous haïsse assez pour exaucer vos vœux. Souvent dans sa colère il reçoit nos victimes : 5es présents sont souvent la peine de nos crimes.

THÉSÉE

Non , vous voulez en vain couvrir son attentat : Votre amour vous aveugle en faveur de l'ingrat. Mais j'en crois des témoins certains , irréprochables J'ai vu, j'ai vu couler des larmes véritables.

AHICIE.

Prenez garde, seigneur -. vos invincibles mains Ont de monstres sans nombre affranchi les humains ; Mais tout n'est pas détruit , et vous en laissez vivre Un... Votre fils , seigneur, me défend de poursuivre. Instruite du respect qu'il veut vous conserver. Je l'affligerais trop si j'osais achever. J'imite sa pudeur, et fuis votre présence , Pour n'être pas forcée à rompre le silence.

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