ACTE I , SCÈNE IH
U ne recherche point, aveugle en sa colère,
Sur le fils qui le craint l'impiété du père.
Tout ce qui reste encor de fidèles Hébreux
Lui viendront aujourd'hui renouveler leurs vœux :
Autant que de David la race est respectée ,
Autant de Jézabel la fille est détestée.
Joas les touchera par sa noble pudeur,
Où semble de son sang reluire la splendeur ;
Et Dieu , par sa voix même appuyant notre exemple.
De plus près à leur cœur parlera dans son temple.
Deux infidèles rois tour à tour l'ont bravé :
Il faut que sur le trône un roi soit élevé ,
Qui se souvienne un jour qu'au rang de ses ancȔtres
Dieu l'a fait remonter par la main de ses prêtres ,
L'a tiré par leurs mains de l'oubli du tombeau,
Et de David éteint rallumé le flambeau.
Grand Dieu , si tu prévois qu'indigne de sa race
Il doive de David abandonner la trace ,
Qu'il soit comme le fruit en naissant arraché ,
Ou qu'un souflle ennemi dans sa fleur a séché I
Mais si ce même enfant , à tes ordres docile ,
Doit être à tes desseins un instrument utile ,
Fais qu'au juste héritier le sceptre soit remis ;