ACTE II, SCÈXE VII
ATUAUE.
Quels sont donc tos plaisirs?
JOAS
Quelquefois à Pautel Je présente au grand prêtre ou l'encens ou le sel : J'entends chanter de Dieu les grandeurs infuiies ; Je vois l'ordre pompeux de ses cérémonies.
ATDALIE.
Hé quoi ! vous n'arcï point de passe-temps plus doux» Je plains le triste sort d'un enfant tel que vous. Venez dans mon palais ^.vous y verrez ma gloire.
JOAS
Moi ! des bienfaits de Dieu je perdrais la mémoire l
ATHXUE.
Non , je ne tobs veux pas contraindre à l'oublier.
JOAS
Vous ne le priez point.
ATUAUE.
Vous le pourrez prier.
JOAS
Je verrais cependant en invoquer un autre.
ATUALIE.
J'ai mon Dieu que je sers; vous servirez le vôtre : Ce sont deux puissants Dieux.
JOAS
Il faut craindre le mien :
Lui seul est Dieu , madame ; et le vôtre n'est rien.
Les plaisirs près de moi vous chercheront en foule.
JOAS
Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule.
ATUAUE.
Ces méchants, qui sout-ils.?
JOSABETO.
Eh madame! excusez Un enfant...
ATHAUE, à Josabelh.
J'aime à voir connme vous l'instruisez Enfin, ËHaein, vous avez su me plaire; Vous n'êtes point sans doute un enfant ordinah-e. Vous voyez , je suis reine, et n'ai point d'héritier;
Laissez-là cet habit , quittez ce vil métier :
Je veux vous faire part de toutes mes richesses.
Essayez dès ce jour l'effet de mes promesses :
A ma table , partout, à mes côtés assis ,
Je prétends vous traiter comme mon propre fils.
JOAS
Comme votre fils !
Oui... Vous vous taisez?
Je quitterais! et pour.
Quel père
ATUAUE.
Eh bien?
JOAS
Pour quelle mère 1
ATHALIE, à Josabetli. Sa mémoire est fidèle ; et, dans tout ce qu'il dit , De vous et de Joad je reconnais l'esprit. Voilà comme , infectant cette simple jeunesse, Vous employez tous deu\ le cabne où je vous laisse. Vous cultivez déjà leur haine et leur fureur : Vous ne leur prononcez mon nom qu'avec horreur.
JOSABETH
Peut-on de nos malheurs leur dérober l'histoire? Tout l'univers les sait; vous-même en faites gloire-
Oui , ma juste foreur, et j'en fais vanité ,
A vengé mes parents sur ma postérité.
J'aurais vu massacrer et mon père et mon frère ,
Du haut de son palais précipiter ma mère ,
Et dans un même jour égorger à la fois
(Quel spectacle d'horreur I) quatre-vingts fils de rois;
Et pourquoi ? pour venger je ne sais quels prophètes
Dont elle avait puni les fureurs indiscrètes :
Et moi, reme sans cœur, fille sans amitié ,
Esclave d'une lâche et frivole pitié ,
Je n'aurais pas du moins à cette aveugle rage
Rendu meurtre pour meurtre , outrage pour outrage ,
Et de votre David traité tous les neveux
Comme on traitait d'Achab les restes malheureux !