ACTE H, SCÈNE IX
Un jeune lis, l'amour de la nature.
Loin du monde élevé, de tous les dons des eieux Il est orné dès sa naissance; Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son imiocence.
TOUT LE cnœuR.
Heureux, heureux mille fois L'enfant que le Seigneur rend dodle à ses lois!
UNE YOIX senle.
Mon Dieu , qu'une vertu naissante Parmi tant de périls marche à pas incertains ! Qu'une âme qui te cherche et veut être innocente
Trouve d'obstacle à ses desseins !
Que d'ennemis lui font la guerre !
Où se peuvent cacher tes saints ?
Les pécheurs couvrent la terre.
C«E ACTRE.
O palais de David, et sa chère cité , Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité. Comment as-tu du ciel attiré la colère ? Sion , chère Sion , que dis-tu quand tu vois Une impie étrangère Assise , hélas ! au trône de tes rois.'
TOUT LE CHOEUR
Sion , chère Sion , que dis-tu quand tu vois Une impie étrangère Assise, hélas ! au trône de tes rois?
LA MÊME VOIX continue.
Au lieu des cantiques charmants Où David t'exprimait ses saints ravissements, Et bénissait son Dieu, son seigneur, et son père ; Sion , chère Sion , que dis-tu quand tu vois
Louer le Dieu de l'impie étrangère, Et blasphémer le nom qu'ont adoré tes rois ?
UNE voix seule.
Combien de temps. Seigneur, combien de temps encore ^■errons-nous contre toi les méchants s'élever? Jusque dans ton saint temple ils viennent te braver : Ils traitent d'insensé le peuple qui t'adore. Combien de temps. Seigneur, combien de temps encore Yerrons-notis contre toi les méchants s'élever?
Que vous sert, disent-ils, cette vertu sauvage? De tant de plaisirs si doux Pourquoi fuyez-vous l'usage?
Votre Dieu ne fait rien pour vous.
UNE AUTRE
Rions, chantons, dit cette troupe impie; De fleurs en fleurs , de plaisirs en plaisirs,
Promenons nos désirs.
Sur l'avenir insensé qui se fie !
De nos ans passagers le nombre est incertain : Hàtons-nous aujourd'hui de jouir de la vie; Qui sait si nous serons demain?
TOUT LE CHOEUR
Qu'ils pleurent , ô mon Dieu , qu'ils frémissent de craint* Ces malheureux , qui de ta cité sainte Ne verront point l'éternelle splendeur!
C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles
Tes clartés immortelles.
C'est à nous de chanter tes dons et ta grandeur.
UNE VOIX seule.
De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge , Que leur restera-t-il ? Ce qui reste d'un songe Dont on a reconnu l'erreur.
A leur réveil (ô réveil pleui d'horreur ! ) Pendant que le pauvre à ta table Goûtera de ta paix la douceur ineffable. Us boiront dans la coupe affreuse, inépuisable, Que tu présenteras, au jour de la fureur, A toute la race coupable.
TOUT LE CHOEUR
O réveil plein d'horreur!
O songe peu din-able !
0 dangereuse erreur!