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NAB\L

Qui peut TOUS inspirer une haine si forte ? Est-ce que de Baal le zèle vous transporte ? Pour moi, vous le savez, descendu d'Ismaël, Je ne sers ni Baal ni le Dieu d'Israël.

MATHAN

Ami , peux-tu penser que d'un zèle frivole

Je me laisse aveugler pour une vainc idole.

Pour un fragUe bois, que malgré mon secours

Les vers sur son autel consument tous les jours ?

Né ministre du dieu qu'en ce temple on adore ,

Peut-être que Mathan le servirait encore ,

Si l'amour des grandeurs , la soif de commander,

Avec son joug étroit pouvaient s'accommoder.

Qu'est-il besoin , Nabal , qu'à tes yeux je rappelle

De Joad et de moi la fameuse querelle ,

Quand j'osai contre lui disputer l'encensoir*,

Mes brigues , mes combats , mes pleurs , mon désespoir t

Vaincu par lui, j'entrai dans une autre carrière ,

Et mon âme à la cour s'attacha tout entière.

J'approchai par degrés de l'oreille des rois;

Et bientôt en oracle on érigea ma voix.

J'étudiai leur cœur, je flattai leurs caprices ,

Je leur semai de fleurs le bord des précipices :

Près de leurs passions rien ne me fut sarj-é;

C3i ATHALIE.

De mesure et de poids je changeais à leur gré. Autant que de Joad rindexiblc rudesse De leur superbe oreille offensait la mollesse ; Autant je les charmais par ma dextérité , Dérobant à leurs yeux la triste vérité, Prêtant à leur fureur des couleurs favorables, Et prodigue surtout du sang des misérables. Eulin, au dieu nouveau qu'elle avait introduit Par les mains d'Atiialie un temple fut construit. Jérusalem pleura de se voir profanée ; Des enfants de Lévi la troupe consternée En poussa vers le ciel des hurlements affreux -. Moi seul, donnant l'exemple aux timides Hébreux , Déserteur de leur loi , j'approuvai l'entreprise , Et par là de Baal méritai la prêtrise ; Par là je me rendis terrible à mon rival. Je ceignis la tiare, et marchai son égal. Toutefois, je l'avoue, en ce comble de gloire, Du Dieu que j'ai quitté l'importune mémoire Jette encore en mon âme un reste de terreur ; Et c'est ce qui redouble et nourrit ma fureur. Heureux si, sur son temple achevant ma vengeance. Je puis convaincre enfin sa liaine d'impuissance , Et parmi le débris, le ravage et les morts, A force d'attentats perdre tous mes remords ! .Mais voici Josabeth.

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