‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 539 sur 566 · ACTE Iir, SCÈNE IV. Wô · texte numérisé non relu

ACTE Iir, SCÈNE IV. Wô

.Mais il faut à rolTcuse opposer les bienfaits. Enfin je viens diargé de paroles de paix. Vivez , solennisez vos fêtes sans ombrage. De votre obéissance elle ne veut qu'un gage : C'est ( pour l'en détourner j'ai fait ce que j'ai pu ) Cet enfant sans parents qu'elle dit qu'elle a vu.

JOSABETII.

Éliacin .'

MATB.\.N.

J'en ai pour elle quelque honte :

D'un vain songe peut-être elle fait trop de compte. Mais vous vous déclarez ses mortels ennemis , Si cet enfant sur l'heure en mes mains n'est remis. La reine impatiente attend votre réponse.

JOSABETU.

Et voilà de sa part la paix qu'on nous annonce !

MATHAN

Pourriez-vous un moment douter de l'accepter ? D'un peu de complaisance est-ce trop l'acheter?

JOSABETII.

J'admirais si Mathan , dépouillant l'artifice, Avait pu de son cœur surmonter l'injustice, Et si de tant de maux le funeste inventeur De quelque ombre de bien pouvait être l'auteur.

MATHAN

De quoi vous plaignez-vous ? Vient-on avec furie .\rracher de vos bras votre fils Zacharie ? Quel est cet autre enfant si cher à votre amour ? Ce grand attachement me surprend à mon tour. Est-ce un trésor pour vous si précieux , si rare ? Est-ce un libérateur que le ciel vous prépare ? Songez-y , vos refus pourraient me confirmer Un bruit sourd que déjà l'on commence à semer.

JOSABETU.

Quel bruit?

MATnAJC.

Que cet enfant vient d'illustre origine -, Qu'à quelque grand projet votre époux le destine.

JOSABETU.

Et Mathan , par ce bruit qui flatte sa fureur...

MATHAN

Princesse , c'est à vous à me tirer d'erreur.

Je sais que , du mensonge implacable ennemie ,

Josabelli livrerait môme sa propre vie ,

S'il fallait que sa vie à sa sincérité

Coûtât le moindre mot contre la vérité.

Du sort de cet enfant on n'a donc nulle trace ?

Une profonde nuit enveloppe sa race ?

Et vous-même ignorez de quels parents issu ,

De quelles mains Joad en ses bras l'a reçu?

Parlez , je vous écoute , et suis prêt à vous croire.

Au dieu que vous servez, princesse, rendez gloire.

JOSABETH

Méchant, c'est bien à vous d'oser ainsi nommer Un Dieu que votre bouche enseigne à blasphémer 1 Sa vérité par vous peut-elle être attestée , Vous , malheureux , assis dans la chaire empestée Où le mensonge règne et répand son poison ; Vous , nourri dans la fourbe et dans la trahison ?

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