‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 542 sur 566 · JOAD, JOSABETH · texte numérisé non relu

JOAD, JOSABETH

JOS.VBETH.

L'orage se déclare :

Athalie en fureur demande Éliacin.

Déjà de sa naissance et de votre dessein On commence , seigneur, à percer le mystère : Peu s'en faut que Mathan ne m'ait nommé son père.

Au perfide Mathan qui l'aurait révélé .'

Votre trouble à Mathan n'a- 1- il point trop parlé?

JOSABETU.

J'ai fait ce que j'ai pu pour m'en rendre maîtresse. Cependant croyez-m)i, seigneur, le péril presse. Réservons cet enfant pour un temps plus heureux. Tandis que les méchants délibèrent entre eux , Avant qu'on l'environne , avant qu'on nous l'arrache. Une seconde fois souffrez que je le cache ; Les portes , les chemins lui sont encore ouverts. Faut-il le transporter aux plus affreux déserts ? Je suis prête ; je sais une secrète issue Par où , sans qu'on le voie , et sans être aperçue , De Cédron avec lui traversant le torrent , J'irai dans le désert où jadis en pleurant ,

Et clierchant comme nous son salut dans la fuJtft ,

David d'un fils rebelle évita la poursuite.

Je craindrai moins pour lui les lions et les ours...

Mais pour([uoi de Jéhu refuser le secours.'

Je vous ouvre peut-être un avis salutaire.

Faisons de ce trésor Jéliu dépositaire :

On peut dans ses États le conduire aujourd'hui,

Et le chemin est court qui mène jusqu'à lui.

Jéhu n'a point un cœur farouche, inexorable;

De David à ses yeux le nom est favorable.

Hélas ! est-il un roi si dur et si cruel ,

A moins qu'Q n'eftt pour mère une autre Jézabel ,

Qui d'un tel suppliant ne plaignit l'infortune ?

Sa cause à tous les rois n'est-elle pas commune ?

JOAD

Quels timides conseils m'osez-vous suggérer En l'appui de Jéhu pourriez- vous espérer.'

JOSABETH

Dieu défend-il tout soin et toute prévoyance , Xe l'offense-t-on point par trop de confiance ? A ses desseins sacrés employant les humains, N'a-t-il pas de Jéhu lui-même armé les mains?

JOAD

Jéhu, qu'avait ciioisi sa sagesse profonde,

Jéhu , sur qui je vois que votre espoir se fonde ,

D'un oubli trop ingrat a payé ses bienfaits :

Jéhu laisse d'Achab l'affreuse fille en paix ,

.Suit des rois d'Israël les profanes exemples ,

Du vil dieu de l'Egypte a conservé les temples;

Jéhu , sur les hauts lieux enfin osant offrir

Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrir,

N'a pour servir sa cause et venger ses injures *

Ni le cœur assez droit, ni les mains assez pures.

\on , non ; c'est à Dieu seul qu'il faut nous attacher.

Montrons Éliacin ; et , loin de le cacher.

Que du bandeau royal sa tète soit ornée :

fe veux môme avancer l'heure déterminée ,

Avant que de Mathan le complot soit formé.

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