‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 56 sur 566 · ACTE^r; ècÈ5È i. îs · texte numérisé non relu

ACTE^r; ècÈ5È i. îs

Si votre esprit, armé de mille défiances;!/* "' /

CtÉOrfLE. ■

Hélas ! de tels soupçons sont de faibles défenses ; ' '"^

Et nos cœurs , se formant mille soins superflus ,

Doutent toujours du bien qu'ils souhaitent le plus.

Oui , puisque ce héros veut que j'ouvre mon âme ,

J'écoute avec plaisir le récit de sa flamme : '!'

Je craignais que le temps n'en eût borné le cours ; *^ if-J"s''î

Je souhaite qu'il m'aime , et qu'il m'aime toujours. '**^* ''-*"*^

Je dis plus : quand son bras força notre frontière , "''','

Et dans les murs d'Omphis m'arrêta prisonnière , ' "^

Mon cœur, qui le voyait maître de l'univers

Se consolait déjà de languir dans ses fers ; ' ' *•? ^"''""'^ ''**"^

Et, loin de murmurer contre un destin si rude ,

Il s'en fit , je l'avoue , une douce habitude ;

Et de sa liberté perdant le souvenir,

Même en la demandant , craignait de l'obtenir : , '

Jugez si son retour me doit combler de joie.

Mais tout couvert de sang veut-il que je le voie ? '

Est-ce comme ennemi qu'il se vient présenter?

Et ne me cherche-t-il que pour me tourmenter.'

ÉPHESTIOÎT. ' '- ^^^-'•^ -'^ ^ ;1 ~ -

Non , madame^ vaincu du pouvoir de vos chaiiâe^"^ ^^ '~''^'

Il suspend aujourd'hui la terreur de ses armeil "^ ^ sibos^olA

II présente la paix à des rois aveuglés ,

Et retire la main qui les eût accablés.

n craint que la victoire , à ses vœux trop facile ,

Ne conduise ses coups dans le sein de Taxile :

Son courage , sensible à vos justes douleurs ,

Ne veut point de lauriers arrosés de vos pleurs ,

Favorisez les soins où son amour l'engage ;

Exemptez sa valeur d'un si triste avantage ;

Et disposez des rois qu'épargne son courroux

A recevoir un bien qu'ils ne doivent qu'à vous.

N'en doutez point , seigneur, mon âme , inquiétée , "'^'^

D'une crainte si juste est sans cesse agitée ;

Je tremble pour mon frère , et crains que son trépas

D'un ennemi si cher n'ensanglante le bras?"

Mais en vain je m'oppose à l'ardeur qui l'enflamme ,

Axiane et Porus tyrannisent son âme ;

RAa>-E. b

'lii'-)

74 ALEXANDRE

Les charmes d'une reine et l'exemple d'un roi , Dès que je veux parler, s'élèvent contre moi. Que n'ai-je point à craindre en ce désordre extrême 1 Je crains pour lui, je crains pour Alexandre même. Je sais qu'en l'attaquant cent rois se sont perdus ; Je sais tous ses exploits : mais je connais Porus. Nos peuples , qu'on a vus triomphants à sa suite Repousser les efforts du Persan et du Scythe , Et tout fiers des lauriers dont il les a chargés , Vaincront à son exemple , ou pérLront vengés. Et je crains...

ÉPHESTION

Ah ! quittez une crainte si vaine ; Laissez courir Porus où son malheur l'entraîne, Que l'Inde en sa faveur arme tous ses États , Et que le seul Taxile en détourne ses pas. Mais les voici.

CLÉOFILE.

Seigneur, achevez votre ouvrage , Par vos sages conseils dissipez cet orage : Ou , s'il faut qu'il éclate , au moins souvenez-vous De le faire tomber sur d'autres que sur nous.

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