‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 564 sur 566 · DE LA SCÈNE PRÉCÉDENTE · texte numérisé non relu

DE LA SCÈNE PRÉCÉDENTE

ISHAEL, à Joad.

Seigneur, le temple est libre et n'a plus d'ennemis :

L'étranger est en fuite , et le Juif est soumis.

Comme le vent dans l'air dissipe la fumée ,

La voix du Tout-Puissant a chassé cette armée.

Nos lévites , du haut de nos sacrés parvis ,

D'Ochozias au peuple ont annoncé le fils.

Ont conté son enfance au glaive dérobée,

Et la fille d'Achab dans le piège tombée.

Partout en même temps la trompette a souné :

Et ses sons et leurs cris dans son camp étormé

Ont répandu le trouble et la terreur subite

Dont Gédéon frappa le fier Madianite.

Les Tyriens , jetant armes et boucliers ,

Ont, par divers chemins, disparu les premiers :

Quelques Juifs éperdus ont aussi pris la fuite ;

Mais , de Dieu sur Joas admicant la conduite , Le reste à haute voix s'est pour lui déclaré. Enfin , u'un même esprit tout le peuple inspiré , Femmes , vieillards , enfants , s'embrassant avec joie , Bénissent le Seigneur et celui qu'il envoie : Tous chantent de David le fils ressuscité. Baal est en horreur dans la sainte cité; De son temple profane on a brisé les portes; Mathan est égorgé.

Dieu des Juifs , tu l'emportes !

Oui , c'est Joas : je cherche en vain à me tromper , Je reconnais l'endroit où je le fis frapper : Je vois d'Ochozias et le port et le geste; Tout me retrace enfin un sang que je déteste. David , David triomphe ; Achab seul est détruit. Impitoyable Dieu , toi seul as tout conduit I C'est toi qui , me flattant d'une vengeance aisée , M'as vingt fois en un jour à moi-même opposée ; Tantôt pour un enfant excitant mes remords , Tantôt m'éblouissant de tes riches trésors, Que j'ai craint de livrer aux flammes , au pillage. Qu'il règne donc ce fils , ton soin et ton ouvrage 1 Et que , pour signaler son empire nouveau , On lui fasse en mon sein enfoncer le couteau ! Voici ce qu'en mourant lui souhaite sa mère : Que dis-je souhaiter ! je me flatte , j'espère Qu'indocile à ton joug , fatigué de ta loi , Fidèle au sang d' Achab qu'il a reçu de moi , Conforme à son aïeul , à son père semblable , On verra de Da\id l'héritier détestable Abolir tes honneurs , profaner ton autel , Et venger Athalie , Achab et Jézabel.

(Alhalie sort , les lévites la suivent.) JOAD.

Qu'à l'instant hors du temple elle soit emmenée, Et que la sainteté n'en soit point profanée. Allez , sacrés vengeurs de vos princes meurtris , De leur sang par sa mort faire cesser les cris. Si quelque audacieux embrasse sa querelle , Qu'à la fureur du glaive on le livre avec elle.

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