‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 70 sur 566 · ACTE m, SCÈNE VU · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VU

Songerez-Tous , seigneur, qu'une jeune princesse Au fond de ses États vous regrette sans cesse , Et rappelle en son cœur les moments bienheureux Où ce grand conquérant l'assurait de ses feux?

ALEXANDRE

Hé quoi ! vous croyez donc qu'à moi-même barbare J'abandonne en ces lieux une beauté si rare ? Mais vous-même plutôt voulez-vous renoncer Au trône de l'Asie , où je vous veux placer .?

Seigneur, vous le savez , je dépends de mon frère.

ALEXANDRE

Ah ! s'il disposait seul du bonheur que j'espère , Tout l'empire de l'Inde asservi sous ses lois Bientôt en ma faveur irait briguer son choix.

CLÉOFILE.

Mon amitié pour lui n'est point intéressée. Apaisez seulement une renie offensée ; Et ne permettez pas qu'un rival aujourd'hui , Pour vous avoir bravé , soit plus heureux que lui.

ALEXANDRE

Porus était sans doute un rival magnanime : Jamais tant de valeur n'attira mon estime. Dans l'ardeur du combat je l'ai vu , je l'ai joint ; Et je puis dire encor qu'il ne m'évitait point ; Nous nous cherchions l'un l'autre. Une fierté si belle Allait entre nous deux finir notre querelle , Lorsqu'un gros de soldats , se jetant entre nous , Nous a fait dans la foule ensevelir nos coups.

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