‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 72 sur 566 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

AXIANE

N'entendrons-nous jamais que des cris de victoire Qui de mes ennemis me reprochent la gloire ? Et ne pourrai-je au moins , en de si grands malheurs , M'entretenir moi seule avecque mes douleurs ? D'un odieux amant sans cesse poursuivie , Oh prétend , malgré moi , m'attacher à la vie -. On m'observe-, on me suit. Mais , Porus , ne crois pas Qu'on me puisse empêcher de courir sur tes pas. Sans doute à nos malheurs ton cœur n'a pu survivre : En vain tant de soldats s'arment pour te poursuivre , On te découvrirait au bruit de tes efforts ; Et s'il te faut chercher, ce n'est qu'entre les morts. Hélas ! eu'mè quittant , ton ardeur redoublée Semblait prévoir les maux dont je suis accablée , Lorsque tes yeux, aux miens découvrant ta langueur Me demandaient quel rang tu tenais dans mon cœur-, Que , sans t'inquiéter du succès de tes armes , Le soin de ton amour te causait tant d'alarmes. Et pourquoi te cachais-je avec tant de détours Un secret si fatal au repos de tes jours? Combien de fois , tes yeux forçant ma résistance , Mon cœur s'est-il vu près de rompre le silence ! Combien de fois , sensible à tes ardents désirs , M'est-il en ta présence échappé des soupirs! Mais je voulais encor douter de ta victoire ;

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