PYRRHUS, ORESTE, PHŒNIX
ORESTE
Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix , Souffrez que j'ose ici me flatter de leur choix , Et qu'à vos yeux , seigneur, je montre quelque joie De voir le fils d'Achille et le vainqueur de Troie. Oui, comme ses exploits nous admirons vos coups; Hector tomba sous lui, Troie expira sous vous; Et vous avez montré , par une heureuse audace , Que le fils seul d'Achille a pu remplir sa place. Mais , ce qu'il n'eût point fait , la Grèce avec douleur Vous voit du sang troyen relever le malheur, Et , vous laissant toucher d'une pitié funeste , D'une guerre si longue entretenir le reste. Ne vous souvient-il plus , seigneur, quel fut Hector ? Nos peuples affaiblis s'en souviennent encor : Son nom seul fait frémir nos veuves et nos filles ; Et dans toute la Grèce il n'est point de familles Qui ne demandent compte à ce malheureux fils D'un père ou d'un époux qu'Hector leur a ravis. Et qui sait ce qu'un jour ce fils peut entreprendre ? Peut-être dans nos ports noixs le vcnron^ descendre,