ACTE I, SCENE VIII
Premier Médecin.
Autre diagnostique : la sputation fréquente.
Monsieur de Pourceaugnac.
Laissons cela, et sortons d'icy.
Premier Médecin.
Autre encor : l'inquiétude de changer de place.
Monsieur de Pourceaugnac.
Qu'est-ce donc que toute cette affaire, et que me voulez-vous ?
Vous guérir, selon l'ordre qui nous a esté donné.
Me guérir?
Premier Médecin.
Oûy.
Monsieur de Pourceaugnac.
Parbleu, je ne suis pas malade.
Premier Médecin.
Mauvais signe , lors qu'un malade ne sent pas son mal.
Monsieur^de Pourceaugnac.
Je vous dis que je me porte bien.
Premier Médecin.
Nous sçavons mieux que vous comment vous vous portez, et nous sommes médecins* qui voyons clair dans vostre constitution.
Monsieur de Pourceaugnac.
Si vous estes médecins, je n'ay que faire de vous, et je me moque de la médecine.
Premier Médecin.
Hon ! hon ! voicy un homme plus fou que nous ne pensons.
> 7 o MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.
Monsieur de Pourceaugnac.
Mon père et ma mère n'ont jamais voulu de remèdes, et ils sont morts tous deux sans l'assistance des médecins.
Premier Médecin.
Je ne m'étonne pas s'ils ont engendré un fils qui est insensé. Allons, procédons à la curation, et, par la douceur exhilarante de l'harmonie, adoucissons, lénifions et accoisons l'aigreur de ses esprits, que je voy prests à s'enflamer.