‹ Théâtre complet, publChapitre 178 sur 191 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

leur promets à tous deux la faveur de mon art; mais les presens du prince Iphicrate et les promesses qu'il m'a faites l'emportent de beaucoup sur tout ce qu'a pu faire l'autre. Ainsi ce sera luy qui recevra les effets favorables de tous les ressorts que je fais jouer; et, comme son ambition me devra toute chose, voila, mon fils, nostre fortune faite. Je vay prendre mon temps pour affermir dans son erreur l'esprit de la princesse, pour la mieux prévenir encore par le rapport que je luy feray voir adroitement des paroles de Venus avec les prédictions des figures célestes que je luy dis que j'ay jettées. Va-t-en tenir la main au reste de l'ouvrage, préparer nos six hommes à se bien cacher dans leur barque derrière le rocher, à posément attendre le temps que la princesse Aristione vient tous les soirs se promener seule sur le rivage, à se jetter bien à propos sur elle ainsi que des corsaires, et donner lieu au prince Iphicrate de luy apporter ce secours qui, sur les paroles du Ciel, doit mettre entre ses mains la princesse Eriphile. Ce prince est averty par moy, et, sur la foy de ma prédiction, il doit se tenir dans ce petit bois qui borde le rivage. Mais sortons de cette grotte, je te diray en marchant toutes les choses qu'il faut bien observer. Voila la princesse Eriphile, évitons sa rencontre.

s86 LES AMANS MAGNIFIQUES.

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