‹ Théâtre complet, publChapitre 43 sur 191 · MARIANE, FROSINE · texte numérisé non relu

MARIANE, FROSINE

M ARIANE

Ah l que je suis, Frosine, dans un étrange état !

et, s'il faut dire ce que je sens, que j'appréhende cette veuê !

Frosine.

Mais pourquoy? et quelle est vostre inquiétude?

Mariane.

Helasf me le demandez-vous? et ne vous figurez-vous point les alarmes d'une personne toute preste à voir le suplice où l'on veut l'attacher?

Frosine.

Je voy bien que, pour mourir agréablement, Harpagon n'est pas le suplice que vous voudriez embrasser; et je connois, à vostre mine, que le jeune blondin dont vous m'avez parlé vous revient un peu dans l'esprit.

Mariane.

Oûy. C'est une chose, Frosine, dont je ne veux pas me défendre ; et les visites respectueuses qu'il a rendues chez nous ont fait, je vous l'avoue, quelque effet dans mon ame.

Frosine.

Mais avez- vous sceu quel il est?

Mariane.

Non, je'ne sçay point quel il est; mais je sçay qu'il est fait d'un air à se faire aimer; que, si l'on pouvoit mettre les choses à mon choix, je le prendrais plutost qu'un autre, et qu'il ne contribue pas peu à me faire trouver un tourment effroyable dans l'épous qu'on veut me donner.

Frosine.

Mon Dieu, tous ces blondins sont agréables

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