HARPAGON, FROSINE, MARIANE
Harpagon.
Ne vous offensez pas, ma belle, si je viens à
vous avec des lunettes. Je sçay que vos appas frapent assez les yeux, sont assez visibles d'euxmesmes, et qu'il n'est pas besoin de lunettes pour les appercevoir ; mais enfin c'est avec des lunettes qu'on observe les astres, et je maintiens et garantis que vous estes un astre, mais un astre le plus bel astre qui soit dans le pais des astres... Frosine, elle ne répond mot, et ne témoigne, ce me semble, aucune joye de me voir.
Frosine.
C'est qu'elle est encor toute surprise ; et puis les filles ont toujours honte à témoigner d'abord ce qu'elles ont dans l'ame.
Harpagon.
Tu as raison. [A Mariane.] Voila, belle mignonne, ma fille qui vient vous saluer.