‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 126 sur 194 · SCENE PREMIÈFŒ · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈFŒ

GÎS£LE. PUIS LE PÈRE BOUxRON

{Au lever du rideau. Cisèle Verse Veau d'une carafe dans les corbeilles de fleurs. On frappe.)

GISÈLE Entrez.

{Parent ie père Bowon par la porte du fond et le tambour. Il porte une corbeille de fleurs.)

LE PÈRF. BOURON

Encore une corbeille pour Mlle Fillot! Si ça contmue, mam'zelle Gisèle, moi, je donne ma démission de concierge de l'Impérial-Palace. V'ià près de vingt ans que j'y travaille, j'ai encore jamais vu ça. {// s'assied.)

GISÈLE, riant, tout en le débarrassant de la corbeille Pauvre père Bouronl

LE PÈRE BOURON

Dix rappels et ce qu'ils disaiient les Messieurs de la Presse en sortant... Alors vrai, c'est si épatant que ça, les danses sévillanes de votre patrorme?

GISÈLE Plus encore.

LE PERE BOURON, se levant Une femme pas ordinaire, Mlle Maryse.

GISÈLE Vous pouvez le dire.

LE PÈRE BOU'RON

EII« m'impressionne. Elle a un air grande dame, un air « nous n'avons pas gardé les petits cochons ensemble » qui me fait un peu frais dans le dos. Parole, depuis près de vingt ans que je travaille ici, c'est la première fois que ça m'arrive. C'est comme c'te loge, tenez! elle m'impressionne aussi; j'ose à peine y entrer, c'est d'un

luxe! Faut qu'il soit rudement plein aux as, le vieux élégant qui la protège I D'ailleurs, s'il n'avait pas raqué ferme, le directeur de l'Impérial n'aurait pas consenti à ce que votre patronne fasse tous ces travaux et qu'elle prenne trois loges pour s'offrir un petit cagibi à elle toute seule. Ah! elle a du cran, votre patroime, et ce qu'elle veut...

GISÈLE Elle le veut bien.

LE PÈRE BOURON

Allons, je me sauve. Je sais qu'elle n'aime pas trop à trouver des gens dans sa loge, surtout des gigolos. Tenez, eh ben, ça encore, c'est la première, depuis près de vingt ans que je travaille ici...

GISÈLE, le poussant dehors

C'est ça, sauvez-vous. Mais vous savez, comme gigolo... {A ce rnomenU on frappe.) Entrez...

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