S.^ZY
Alors pourquoi es-tu venu? C'est très imprudent... je t'avais supplié de ne jamais m.ettre les pieds ici à moins d'urgence absolue.
GEORGES Il y a urgence.
SAZY
Ah! diable!... Voyons, assieds-toi là, et pari«; dépêche-toi, je bous.
GEORGES, sas5e};ant sur le lit Ma petite chérie, j'ai un gros embêtement. Tu sais
quelle était ma situation dans la maison de paeus Sigisford.
SAZY
Parfaitement, douze mille de fixe et dix pour cent sur les bénéfices.
GEORGES
Exact. Eh bien! tout est dans Teau; Sigisford m'a déclaré, ce matin, qu'il ne renouvellerait pas notre coiitrat qui expire dans deux mois; vu l'état des afîaires, il est obligé de se priver de mes services.
SAZY
Ah ! mon pauvre chéri ! Comme je te plains !
GEORGES
C'est un coup terrible... J'espérais l'association; au lieu de cela, le pavé!... c'est dur.
Pauvre, pauvre chéri!
GEORGES
En outre, je suis pourri de dettes. Notre appartement, notre petit nid, n'est pas encore payé; le tapissier est capable de reprendre ses meubles! J'en ferai une maladie.
SAZY
Mon pauvre chéri! — Embrasse-moi, embrasse-moi vite, là; tu n'as pas de moustaches, toi, au mains.
GEORGES Tu dis?
SAZY Rien, rien... Je ne veux pas penser à tout ça, c'est trop
triste. Voyens, vite, réfléchissons... Qu'est-ce qu'on petit faire? As-tu une idée?
GEORGES
J'en ai bien une, une toute petite, que m'a suggérée Sigisford. Mais elle est impraticable.
SAZY Dis toujours.
GEORGES
A quoi bon? Il me faudrait des capitaux et je n'eiî ai pas.
SAZY Mais puisqu'on te dit de dire toujours, grand'bête!
GEORGES
Eh bien, voilà! Sigisford ne veut plus de moi comme employé à gros appointements, mais il me prendrait volontiers comme associé si je lui apportais des fonds; ça permettrait de relancer la maison. Tu comprends?
SAZY Très bien. Va donc!
GEORGES Il ne me reste plus qu'à trouver un commanditaire.
SAZY Quelle somme faudrait-il?
GEORGES Cent mille franc*.
SAZY Fichtre!
GEORGES Ce serait, d'ailleurs, un placement de premier ordre; je donnerais des intérêts magnifiques.
SAZY Et tu serais tiré d'affaire?
GEORGES Je te crois, pour le restant de nos jours,
SAZY
Ah! —- Eh bien mon petit Georget, je ne peux pas t'assurer, tu comprends, que je vais te trouver cent mille francs comme cela; je ne les ai pa;5 dans ma table de nuit; mais je vais faire l'impossible pour te le« procurer.
GEORGES Si tu réussissais, tu serais une chérie de chérie.
Tu m'adorerais, hein?
GEORGES
Je n'ai pas besoin de cela pour t'aimer. Mais j'aurais au moins la tranquillité nécessaire...
SAZY
Pour me le prouver? C'est vrai, d'ailleurs. Un amant préoccupé est un amant que nous n'occupons plus assez. — Commue j'ai été ennuyée, mon cher petit, d'être souffrante aujourd'hui!... Tu sais, il ne faut pas m'en vouloir; ce n'est pas de ma faute.
GEORGES
Moi, t'en Vûulvir ! Te vouloir, toujours! T'en vouloir, jamais. (// saute du lit.) Je m'en rais.
SAZY Déjà?
GEORGES
J'ai des rendez-vous importants; je suis venu te voir, parce que je ne voulais pas t'écrire à ce sujet et que je mourais d'inquiétude. Permets-moi de filer maintenant; je suis en retard.
SAZY
Va, mon chéri! je ne veux pas te causer le plus petit dérangement. Embrasse un peu ta Zizi, comme si tu ce devais plus l'embrasser jamais. {Il Vembrasse longuement) Oh! petit, petit.
GEORGES Je t'adore!
SAZY
Je ne t'en demande pas tant, Georget; aime-moi seulement, mais bien! (// Vembrasse.) Sale gosse, va!... Chut! attention!