SCENE XIII LE MARQUIS, VIRGINE, LISE, CARLIN
VIRGINE
Ah I monsieur le marquis, je suis désespérée.
LE MARQUIS
Ma reine, un peu de cœur.
VIRGINE
Non, laissez-moi mourir.
LE MARQUIS
Ne vous pressez point tant, j'ai de quoi vous guérir.
Vous?
LE MARQUIS
Moi.
VIRGINE
De ce vieillard n'êtes-vous pasle gendre? Olympe... Ah, nom fatal, que me viens-tu d'appren- C'était donc vous. . . [dre ?
LE MARQUIS. J
En vain je l'ai dissimulé. | Je suis le campagnard dont on vous a parlé, i Et pourtant pas trop dupe. j
VIRGINE
Olympe a su vous plaire. .
Ah! I
LE MARQUIS. 1
Je n'ai fait le sot que pour berner mon frèrCf j Certain cadet qu'au monde on voit mince etléger,! Et qui, pour mes péchés, n'en veut point déloger. ' Charmé de cette Olympe, il crut qu'à ma requête - Ou tiendrait sa recherche un parti fort bcoDêie; Mais comme, i le bien prendre, il n'est boo qui Au diable si pourlui je voulus m'employer. [noyer, Loin de cela, craignantqu'il n'obtint ce qu'iiaiine, Je courus m'assurer du parti pour moi-même.
VIRGINE
C'est là mon désespoir qu'une bourgeoise...
LK MARQUIS
Non. En m'offrant au vieillard parlais-je tout de bon ?^
VIRGINE. 1
Mais le dédit signé...
LE MARQUIS
Quitte à l'aller reprendre, Deux mots, et trop heureux encor de mêle reodfe.
VIRGINE
Vous iriez chez Olympe? Ah ! Ne me quittez pas. Sil'ardeurdemaflammeapourvousquelquetppas,!
Pour ne troubler en rien l'heur de ma destinée, Avant que voir personne achevons l'hyménée; ' Après, s'il faut payer le dédit, j'ai du bien.
LISE. [rit'^\
A quoi qu'il puisse aller, pour tous deux ce n'est Mais, madame, en payant, voulez-vous que Toft Qu'un marquis d'un bourgeois soit la dupe? [dise
VIRGINE
Quoi, Use, Tu veux donc hasarder...
LE MARQUIS
Quehasarderez-vous?
VIRGINE
L'amour n'est guère fort quand il n'est point jaloni, Olympe, vous voyant, essayera de vous plaire.
LE MARQUIS
Je sais sa tache, il faut y rembarquer mon frère, Ma foi, je rirai bien si, pour don nuptial, Je le vois régalé d'un brouet du haut mai.
Mais ne peut-elle pas vous paraître si belle...
LE MARQUIS
Rien n'est plus laid.
VIRGINE
Enfin, vous me serei fidèle?
LE MARQUIS
Le dédit rendu nul, je suis à vous ce soir. J
Touchez, foi de marquis. :