ANSELME, LE MARQUIS, LE CHEVALIER, OLYMPE, LUCRÈCE, VIRGINE, CARLIN
ANSELME, an chevalier, ^enez, on vous attend pour un ordre assez doux. Tai repris ma parole, et ma fille est à vous, l>OQnez-lui votre main.
LE CHEVALIER
L'aurais-je pu prétendre?
Quel heur!
LE MARQUIS
Ces! mon cadet, bonjour, monsieur le gendre.
Je suis ravi du choix; quand je la régalais De l'ofiTre d'un amant, c'est lui dont je parlais.
LE CHEVALIER
A l'obtenir pour moi vous avez eu grand zèle.
LE MARQUIS
Trop heureuxdel'avoirquand je ne veux plusd'elle. Te voilà bien, cadet, tiens-y-toi.
ANSELME
Je prétends Que tous trois nous aurons sujet d'être contents, Et qu'entre nous jamais ni discorde ni guerre...
LE MARQUIS, â Atiteime.
Et quand il la verra se débattre par terre, Faire des cris, hurler, rira-t-il bien?
De quoi?
LE MARQUIS
De quoi? Le fin renard I
ANSELME
C'est de l'hébreu pour moi.
LE MARQUIS
Ne craignez rien,je sais cequ'ilfautqu'on lui cache. Ils sont bien assortis, chacun d'eux a sa tache. Mon cadet est sans bien, je vous l'ai déjà dit. Mais...
ANSELME
Il aime la gloire; et cela me suffit.
Si quelque qualité peut en lui me déplaire. Puisqu'il faut parler franc, c'est qu'il est votre frère.
LE MARQUIS
S'il ne tient qu'à cela, pour vous rendre content, Je me défraternise, il en peut faire autant. Laisser du nom Lorgnac la noblesse en arrière, Et se faire appeler monsieur de l'Auselmière. La seigueurie est belle, et bien digne de vous,
{A Lucrèce,) Père Anselme. Le père et la fille sont fous. Qu'en dites-vous, ma belle? Il vous fautque je pense. Pour les pouvoir souffrir, grand fonds de patience ?
LUCRÈCE
Vous me croyez peut-être encor plus folle qu'eux?
LE MARQUIS
Vous croire folle? Ah ! non , c'est bien assez de deux; Et d'ailleurs j'ai pour vous...
J'en devine la cause.
On m'a dit que je dois vous être quelque chose. Que vous épouserez la comtesse.
LE MARQUIS
Comment?
Qui VOUS l'a dit?
LUCRÈCE
Qu'importe, à quand l'hymen?
LE MARQUIS
Vraiment, La comtesse ! C'est bien mon amour qu'elle brigue.
LUCRECE
Pourquoi non?