‹ Théatre completChapitre 1049 sur 1461 · SCÈNE III ARUNE, PIRITHOUS, NÉRINE · texte numérisé non relu

SCÈNE III ARUNE, PIRITHOUS, NÉRINE

Par ce que je vous dis, ne croyez pas, madame. Que je. veuille applaudir â sa nouvelle flamme. Sachant ce qu'il devait au généreux amour Qui vous fit tout oser pour lui sauver le jour. Je partageai dès lors l'heureuse destinée Qu'à ses vœux les plus doux offrait votre hyménée ; Et je venais ici, plein de ressentiment, Rendre grâce à l'amante, en embrassant l'amant. Jugez de ma surprise à le voir infidèle, [pelle, A voir que vers une autre une autre ardeur l'ap- Et qu'il ne m'attendait que pour vous annoncer L'injustice où l'amour se plaît à le forcer.

ARIANE

Et ne devais-je pas, quoi qu'il me fît entendre, Pénétrer les raisons qui vous faisaient attendre, El juger qu'en un cœur épris d'un feu constant. L'amour à l'amitié ne défère pas tant?

Ahl quand il est ardent, qu'aisément il s'abuse! 11 croit ce qu'il souhaite, et prend tout pour excuse. Si Thésée avait peu de ces empressements Qu'une sensible ardeur inspire aux vrais amants. Je croyais que son âme au-dessus du vulgaire Dédaignait de l'amour la conduite ordinaire. Et qu'en sa passion garder tant de repos, C'était suivre, en aimant, la route des héros. Je faisais plus ; j'allais jusqu'à voir sans alarmes Que des beautés de Naxe il estimât les charmes; Et ne pouvais penser qu'ayant reçu sa foi, Quelques vœux égarés pussent rien contre moi. Mais enfin, puisque rien pour lui n'est plus à taire,

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