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SCÈNE I ŒNARUS, PHÈDRE

OBNARUS. I

Un si grand changement ne peut trop me surpreih i J'en ai la certitude, et ne le puis comprendre. [dit|' Après ce pur amour dont il suivait la loi, Thésée à ce qu'il aime ose manquer de foi? Dans la rigueur du coup, je ne vois qu'avec craiDtt Ce qu'au cœur d'Ariane il doit porter d'atteinte, .; J'en tremble, et si tantôt lui peignant mon aniooi^ Je voulais être plaint, je la plains à son tour. Perdre un bien qui jamais ne permit d'espéraoce, N'est qu'un mal dont le temps calme la violence; Mais voir un bel espoir tout à coup avorter, Passe tous les malheurs qu'on ait à redouter. C'est du courroux du ciel la plus funeste preuve.

PHÂDRB.

Ariane, seigneur, en fait la triste épreuve; Et, si de ses ennuis vous n'arrêtez le cours, J'igoore, pour le rompre^ où chercher du secours. Son cœur est accablé d'une douleur mortelie.

OBKARDS.

Vous ne savez que trop l'amour que j'ai pooreliei Il veut, il offre tout; mais, hélas! je crains bien Que cet amour ne parle, et qu'il n'obtienne rien. Si Thésée a changé, j'en serai responsable, [mable; C'est dans ma cour qu'il trouve un autre objet ai- Et sans doute on voudra que je sois le garant De l'hommage inconnu que sa flamme lui reni

PHÈDRE

Je doute qu'Ariane, encor que méprisée, Veuille par votre hymen se venger de Thésée; Et si ce changement vous permet d'espérer, Il ne faut pas, seigneur, vous y trop assurer. Mais, quoi qu'elle résolve après la perfidie Qui doit tenir pour lui sa flamme refroidie. Qu'elle accepte vos vœux, ou refuse vos soins, La gloire vous oblige à ne l'aimer pas moins. Vous lui pouvez toujours servir d'appui fidèle, Et c'est ce que je viens vous demander pour elle. Si la Crète vous force à d'injustes combats, Au courroux de Minos ne l'abandonnez pas. Vous savez les périls où sa fuite l'expose.

OBNARUS.

Ah! Pour l'en garantir, il n'est rien que je n'ose, Madame, et vous verrez mon trône trébucher, Avant que je néglige un intérêt si cher. Plût aux dieux que ce soin la tînt seule inquièlel

PHàDRB.

Voyez dans quel ennui ce changement la jette* Son visage vous parle, et sa triste langueur Vous fait lire en ses yeux ce que souffre son cœor.

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