‹ Théatre completChapitre 1073 sur 1461 · DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE I, SCÈNE IV

D. PASCAL

A-t-elle la migraine?

Je lai vois certain air refrogné, sérieux.

ISABELLE

Qu'il est sot, Béatrix 1

BÉATRIX

S'il Test déjà, tant mieux, Cesl pour vous, au besoin, de la peine épargnée.

D. PASCAL

Beau-père, seriez-vous pour Thumeur refrognée? Elle n*est nullement de mon goût.

D. FERNAND

Ni du mien.

Allons, ma belle, allons, gaiement, tout ira bien.

Puisque vous me voyez, tâchez de mettre à Tombre

La nébulosité de ce visage sombre;

Riez, goguenardez, et vivons sans façon.

Quanta moi, je suis gai toujours comme un pinson.

Cent jovialités me font partout de mise;

Et si le mariage 6Uit la gaillardise.

Plutôt que ne pas rire, et danser, et sauter.

Je ferais vœu cent fois de m'encéli bâter.

Le mot est-il de cour? M*encélibater ! Peste,

Qu'il est long I

D. FERNAND

Les plus fins auraient par vous leur reste. Quel éveillé I

D. PASCAL

J'ai cru qu'il eût été trop plat De dire simplement : suivre le célibat. Taime le style haut. Enfin, à la bonne heure. Vous riez. Elle en est plus aimable, ou je meure. Guiman, vois-tu ces yeux de feu tout pétillants? Quand la friponne veut, qu'elle les a brillants 1

D. FBRNANO.

Elle est le vrai portrait de sa défunte mère.

D. PASCAL

J'oublie à vous donner les lettres de mon père.

D est bien tourmenté des gouttes?

D. PASCAL

Quelquefois.

D.. FERNAND

Nous nous sommes connus en six cent trente trois. Eusemble de Goa nous fîmes le voyage, Grand commerce depuis d'écriture.

ISABELLE

Ah I j'enrage.

Béatrix, épouser un ridicule, moi l

D. PASCAL

Lisez.

BÉATRIX

n aime à rire, est-ce là tant de quoi?

D. FERNAND, Ut,

A dan Femand de VargaSy à Madrid.

« Si j'étais moins sujet aux attaques de la goutte, je vous aurais mené mon fils moi-même, pour goû-

ter avec vous la joie que la noce vous donnera. C'est un fils qui m'est d'autant plus cher, qu'il est unique. Je l'ai toujours élevé dans la vue d'en faire votre gendre, et je suis ravi qu'en épousant votre fille, il vous fasse part des grands biens que j'ai commencé d'amasser avec vous. Je m'acquitte par là de ce que je dois à notre vieille amitié, et meurs d'impatience que vous me donniez des nouvelles du mariage. Comme mon fils n'est jamais sorti de Séville, ne vous étonnez point si vous ne le trouvez pas fait à l'usage de la cour. »

D. PASCAL

Avecque les leçons du révérend beau-père, Avant qu'il soit très peu, je prétends bien m'y faire. En province, on ne peut qu'être provincial.

D. FERNAND

Je suis content de vous.

D. PASCAL

Ah!

ISABELLE

Quel original I

D. FERNAND, continue à lire.

« Il VOUS parlera d'une aff'aire fâcheuse qui est de la dernière importance pour lui. Je vous prie de l'y servir, en cas qu'il en soit nécessaire, et de ne point faire difficulté de lui donner l'argent dont il pourra avoir besoin. »

C'est pour vous en tout temps une sûre ressource, Employez mon crédit, servez-vous de ma bourse*

D. PASCAL

Trop d'honneur; le beau-père est un homme obli- Qui..- [géant,

D. FERNAND

Vous ne manquerez ni d'ami, ni d'argent (// continue à lire,)

« vous porte des lettres de change pour la remise de vingt mille écus que vous m'avez fait toucher ici. Donnez-moi au plus tôt de vos nouvelles, et me croyez toujours,

« Votre meilleur ami ,

« D. Alonse d'Ayalos. »

Que de bonté !

D. PASCAL

Voici les lettres de remise.

D. FERNAND

Sus, mon gendre, usez-en avec pleine franchise. Quelle est donc cette afi'aire où je puis vous servir?

D. PASCAL

C'est qu'un jour... Voyez-vous, l'honneur qu'on

[veut ravir, Porte souvent si loin la chaleur qu'il inspire. Que m'étant arrivé...

D. FERNAND

Quoi?

GUZMAN

Que lui va-t-il dire?

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