‹ Théatre completChapitre 1090 sur 1461 · DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE UI, SCÈNE U · texte numérisé non relu

DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE UI, SCÈNE U

Je veux avant ma mort pourvoir à ma famille; Je ne suis déjà plus eu peine pour ma fille. Ce soir pour son hymen on doit tout arrêter.

D. CESAR

Mon père, il serait bon de ne se point hâter; Vous avez du bien...

D. FBRNAND.

Oui, mais non pas pour prétendre Celui que mon bonheur m'a fait trouver pour gen- II est riche au delà de tout ce qu'on en croit, [dre. Je sais depuis dix ans...

D. CéSAR.

Quelque riche qu'il soit, Si j'osais proposer un ami que j'estime, Le choix vous semblerait peut-être légitime. Quand il n'aurait de bien que ce que je connoi, Cela va loin. De taille il est fait comme moi ; Et si ma sœur savait tout ce qui s'en publie...

D. FKRNAND.

Qu'elle n'en sache rien, mon fils, je vous en prie. Son cœur a déjà pris je ne sais quels dégoûts Pour celui que mon choix lui donne pour époux ; Ils pourraients'augmenterenluî parlant d'unautre.

D. CÉSAR

Je dois soumettre ici mon sentiment au vêtre; Mais si le mariage est souvent sans douceur, Vous hasardez beaucoup en contraignant masœur ; Le désordre esta craindre où l'époux ne peut plaire.

D. PBRNAND.

Je sais ce qu'il lui faut, qu'elle me laisse faire. Si mon gendre n'est pas tout à fait sérieux, S'il a l'humeur trop gaie, il n'en vaudra que mieux. Les choses sontaupointqu'onnes'enpeutdéfendre. J'ai donné ma parole, et ne la puis reprendre. C'est sur quoi je voulais vous parler en secret; Vous avez l'esprit doux, insinuant, discret, Conrérez avec elle; et sur cet hyménée Dites-lui ce que doit une fille bien née^ Elle vous en croira.

O. CÉSAR

Reposez-vous sur moi, J'appuierai vos desseins autant que je le doi, Et n'épargnerai rien pour vous faire connaître, Qu'aimé par vous en fils, je mérite de l'être.

D. FBRNAND.

C'est là ce que mon cœur du vôtre s'est promis. Cependant il nous faut assembler nos amis. Ah, qu'en vous embrassant don Sanche aura de joie I Don Pèdre...

Il ne faut point encor que je les voie, A moins qu'on prenne soin de m'en entretenir; A peine de leurs noms puis-je me souvenir; Et je crois qu'il serait à propos pour ma gloire De cacher quelque temps ma perte de mémoire.

D. FERNANO.

Dix ans hors de Madrid passés sans revenir.

Ont pu les éloigner de votre souvenir;

Mais au moins je croiraisque les choses récentes...

D. CÉSAB.

J'ai peine à m'en tenir les images présentes.

D. FERNAND

Quoi, ce qui dans Goa depuis peu s'est passé, Ce que vous avez vu...

D. CiSAB.

C'est autant d'effacé.

Je sais confusément que Goa...

D. FBRNAND.

Belle ville.

Fort grande.

D. CÉSAR

Oui, spacieuse, en habitants fertile Où, qui veut s'employer, trouve aisément parti.

D. FBRNAND.

Je n'avais pas trente ans lorsque j'en suis sorti Vous remettez-vous point, vers le château de Ga^ D. CÉSAR. [de...

Ne me demandez rien de ce qui le regarde. Si le discours vous platt. Carlin, qui vient à nous, En pourra mieux que moi raisonner avec tods.

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