DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE UI, SCÈNE IV
D. CéSAR.
Hé, moD Dieu, laisse faire L'amour, sous quelque habit qu'il s'ose déguiser, A toujours certains temps dont il sait bien user. Le plus grand embarras où par là je puisse être, Consiste à voir des gens que je devrais connaître. C'est dont, sans grandepeine, on ne vient pas à bout
CARLIN
La mémoire malade est un remède à tout.
O. CESAR
La fuite de Madrid jointe à mon mariage. M'a fait jouer d'abord un mauvais personnage. Sans toi j'étais perdu.
CARLIN
Je viens par Béatrix De me faire conter l'aventure du ûls.
Ainsi je parle instruit; mais Béatrix est bonne, J'ai feint en vous pour elle une amitié friponne, Qu'ensemble, au temps jadis, dans vos transports
[ardents, Vous aviez rendez-vous. Elle a donné dedans. Et ce qu'elle m'a dit m'a fait voir qu'avec elle L'Indien certains soirs allait en sentinelle. Mais lorsque vous passez pour don Lopeen ces lieux, S'il allait revenir?
D. CéSAR.
Il n'en serait que mieux.
La ressemblance est telle entre nous, que peut-être J'aurai peine au besoin à me faire connaître. On peut de don César me disputer le nom, Mais au moins as-tu su celui du père?
CARLIN
Non.
D. CÉSAR
De la fille?
CARLIN
Aussi peu.
n. CÉSAR.
Ce point est nécessaire.
S'il fallait en parler par hasard, comment faire : Puisqu'avec Béatrix...
CARLIN
Au premier entretien, Je saurai l'un et l'autre, ils ne tiennent à rien. Mais voici cette sœur dont la beauté vous pique.