DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE V, SCÈNE I
Ooe le vrai don César n'est point connu de vous,
Etqu*un extravagant qui tient ici sa place,
Lai dérobant son nom, vous gène et s'embarrasse.
ISABELLE
Serait-il vrai, mon frère?
O. CBSAR.
En pouvez-vous douter?
ISABELLE
fadmiraîs à le voir, qu'on me l'eût pu vanter, Ua homme qui parait n'aimer qu'à faire rire.
BBATRIX.
fy trouvais comme vous quelque chose à redire. Je le cherchais en lui, mais je savais en gros Qu'il était honnête homme» et j'étais en repos. Ai-je eu tort de vouloir toujours le mariage?
ISABELLE
Maisquand cet imposteur joue unfaux personnage, Où le vrai don César peut-il être?
D. CéSAR.
A Madrid.
En étes-YOOS content du côté de l'esprit?
D. CESAR
Yods le Terrez, du moins on l'estime à Séville, il a l'hameur accorte, obligeante, civile ; El si depuis l'instant que nous nous sommes vus, Je l'aîmais un peu moins, j'en pourrais dire plus; Mais l'amitié séduit alors qu'elle est extrême.
ISABELLE
Vous Taimez donc, mon frère ?
D. CÉSAR
k l'égal de moi-même.
ISABELLE
S'il Ta pu mériter, il doit être parfait :
Mais, mon frère, daignez m'achever son portrait.
L'air, les traits?
D. césAR.
Tel que moi. Ce rapport de visage Est ce qui l'un pour l'autre à Tenvi nous engage. Le voulez-vous, ma sœur, accepter pour époux?
ISABELLE
Gomment le refuser, s'il est fait comme vous ? Mais ce faux don César qu'ici l'on voit paraître, Seditle vrai, comment peut-il ne le pas être? Mon père qui connaît l'écriture du sien, A pour lui...
D. CÉSAR
Là-dessus, ne me demandez rien.
Le temps éclaircira cet embrouillé mystère.
Allez donc en donner la nouvelle à mon père, Afin qu'instruit du piège, il puisse, en l'évitant. S'assurer, s'il le faut, du fourbe qui le tend.
D. CÉSAR
Tj vais; mais, attendant que don César vous voie, Je pourrai lui parler ; que voulez-vous qu'il croie, Ma sœur?
ISABELLE
Que s'il est tel que vous me l'avez peint... Adieu, mon frère.
BÉATRIX, à D. César.
On fuit, bonne marque, on vous craint.