DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE V, SCÈNE IV
BMRIQUE,
Qu'il Tienne.
D. FBRMAIID.
Autre aventure.
La lettre est de Cadix, je connais l*écriture, Cest Gomez qui m'écrit. Me pardonnerez-vous...
EimiQUB.
Lisez, les compliments sont bannis d'entre nous.
D. FBRNAND, Ut.
«c Je ne me suis point hâté de tous écrire les funestes nouvelles que Sganarelle vous a portées. Je ne doute point que vous n'en ayez été fort «irpris. Lamortde don Lope m'a tellement touché, que j'ai peine encore à m'en remettre. Il n'est rien qu'on n'ait fait pour le sauver. Les remèdes se sont trooTés sans force, et tout l'art des médecins n'a pu empocher qu'il n'ait été emporté en cinq jours d'une fièvre continue. Sganarelle vous dira les soins que j'ai pris à lui faire rendre les derniers honneurs. »
ENRIQUB.
L'avis est surprenant. Qu'est-ce qu'il vous en sem- Votre fils est-il mort, et vivant tout ensemble? [ble? Les termes sont précis.
D. FBRNAND.
Vous m'y voyez rêver.
ENRIQUB.
Je craindrais...
D. FBRNAND.
Permettez que je puisse achever.
c En arrivant chez moi il y a fait décharger douze caisses bien conditionnées, dont vous pouvez disposer. J'exécuterai ponctuellement vos ordres, et prends part à votre douleur autant qu'on le peut faire.
« Votre très humble serviteur, Gomez. »
ENRIQUB.
Les caisses chez Gomez par don Lope laissées, Doivent causer un peu de trouble à vos pensées. Le fait est positif.
D. FBRNAND.
C'est de quoi m'occuper.
ENRIQUB.
Mais celui qui prétend que j'ose vous tromper. Qu'appuyant un faux nom j'ai part au stratagème, Dites, serait-il point quelqu'imposteur lui-même. Qui chez vous introduit en qualité de fils, [pris? Sous des traits ressemblants vous aurait tous sur-
D. FBRNAND.
La lettre de Gomez, sans doute, m'embarrasse. Je trouve du mystère en tout ce qui se passe ; Et le retour d'un fils dont on m'écrit la mort, Causerait quelque trouble à l'esprit le plus fort. Mais, pour tout éclaircir, commençons par mon
[gendre.
Voyez,qu'endites-vous?M'a-t-onvoulusurprendre.