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SCÈNE IX GLAUCUS. CIRCÉ

GLAUCUS

Madame, je venais vous offrir du secours

Contre d'infâmes téméraires; Mais le prompt châtiment que vient de recevoir Leur insolence extrême,

Me convainc de votre pouvoir.

Vousn*avez eu contre eux besoin quede vous-même.

Et d'un seul mol leur espoir renversé, Me fait connaître en vous la fameuse Circé.

CIRCE

Vous ne vous trompez point, j'ai le Soleil pour père.

Et je tiens de lui ce grand art.

Qui, dans tous les lieux qu'il éclaire. Aux honneurs de son rang me donne tant de part. Je ne puis cependant m*applaudir trop du zèle

Qui vous intéresse pour moi,

U part de l'âme la plus belle; Et je voudrais savoir à qui je doi Ce qui rendra pour vous mon estime éternelle.

Si par ce qui brille à mes yeux.

L'air, le port, la taille, la mine.

Je puis de votre sang pénétrer l'origine,

La source en doit venir des dieux ; Et pour vous le destin...

GLAUCUS

Je l'avouerai, madame, Le destin m'a comblé d'honneur jusqu'à ce jour;

Et le rang que je tiens dans une illustre cour Aurait de quoi satisfaire mon âme.

Si j'étais content de l'amour; Mais une nymphe ingrate autant qu'elle est ai-

Sylla, la charmante Sylla, [mable,

Par une rigueur incroyable.

Ne peut souffrir mes vœux, les rejette, et c'est là De tous les maux pour moi le plus insupportable ; Son cœur d'un autre amourdèslongtempsprévenu^

Traite mes plaintes d'indiscrètes.

Mélicerte...

CIRCÉ

Ce nom ne m'est pas inconnu.

Et je sais par lui qui vous êtes.

Jusque dans mon palais votre amour a fait bruit, On y plaint le prince de Thrace, Que trop d'aveuglement réduit  la honteuse et sensible disgrâce De pousser des soupirs dont un autre a le fruit.

GLAUCUS

U n'en est point de plus cruelle, Mes maux passent tous ceux qui se peuvent offrir;

Mais est-il honteux de souffrir

Lorsque la cause en est si belle ?

Tout ce qu'un rare objet eut jamais de charmant,

Tout ce qui peut toucher une âme,

Sylla...

GIRCB.

Vous parlez en amant ; Maisenûn, vos chagrins naissant de votre flamme, J'y puis donner quelque soulagement.

GLAUCUS

Que me dites-vous ? Quoi, madame, Vous ferez que Sylla finisse mon tourment ?

CIRCÉ

Je ferai que l'amour propice

Répare vos transports jaloux

Par tout ce qu'il a de plus doux ; Mais il faut que le charme avec vous s'accomplisse : Ce sont vos intérêts, je ne puis rien sans vous.

Dans mon char je vous offre place.

Mes dragons emplumés qui le tiennent en l'air,

Vers moi seront prêts à voler

Au moindre signe que je fasse.

Le voilà qui descend. Prince, ne craignez rien

Lorsque Circé vous sert de guide.

GLAUCUS

Est-il quelques périls dont l'amour s'intimide, Quand il est fort comme le mien ?

(Qlaucus entre dans le char de Circé, qui l'enlôve par Fair avec eUe dans son palais.)

CIRGË, ACTE n, SCÈNE II.

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