‹ Théatre completChapitre 1159 sur 1461 · CIRCÉ, ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

CIRCÉ, ACTE III, SCÈNE IV

Qui jamais ait été capable de tendresse.

Il me parlait des yeux sans cesse,

S'il ne le pouvait autrement;

Mais eufin malheureusement De ses soins afTeclés Circé connut l'adresse;

Et le fit singe en un moment.

Même destinée à deux pages Qu'au palais parmi nous il avait amenés. Les voici. Tous les trois par mille badinages,

Semblent se tenir fortunés Devenir, chaquejour,merendre leurs hommages. La souplesse des sauts dont pour me diverlir

Ensemble ils ont pris l'habitude,

Fait leur plus agréable étude.

Voilà comme l'amour ne se peut démentir.

PALBMON.

La récompense est fort honnête.

Lorsque de quelque amant ton cœur se trouve On le métamorphose en bête. [épris,

ASTÉRIE

Tu ne le voudrais pas acquérir à ce prix?

PAhÉMON.

Je me louerais du sortilège.

Pourvu qu'en épagneul je pusse être changé ;

Du moins par là j'aurais le privilège De me voir jour et nuit entre tes bras logé.

Flatteur pour toi, pour toute autre farouche. Sans cesse je tiendrais mes pattes sur ta peau,

Et j'aboierais d'un ton nouveau.

Lorsque tu frotterais ta bouche

Avecque mon petit museau.

ASTÉRIE

Nous .songerons à la métamorphose.

Cependant je veux bien te faire partager Leplaisirqu'en sautant mon singeamantme cause.

Allons, mon singe, il faut être léger, S'il est vrai que de vous ma volonté dispose.

(Les trois singes font ici quelques sauts.) PALBMON.

Rien ne peut être égal à son agilité.

Mais lorsqu'il s'agit de te plaire, Quoi qu'on veuille entreprendre, autant d'exécuté. Si jamais de ton cœur je suis dépositaire... Ah! Monsieur le magot, vous êtes en colère.

ASTÉRIE

Pour peu que l 'on m'approche, il s'en montre irrité, Pour lui seul il veut mes caresses.

Vois-tu comme il baise ma main?

Mais il est temps que tu me laisses ; Circé vient, le reste à demain.

Page 1