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SCÈNE IX

VÉNUS, «tir le globe, environnée d*Àmowri; GLAUCUS, PALÉMON.

GLAUCUS

Déesse, à qui ma flamme a toujours eu recours, Vois ma peine, et me daigne accorder ton secours; Comme dieu de la mer, j*ai sujet de Tattendre De celle à qui les eaux ont servi de berceau. Ainsi toujours de quelque encens nouveau L*odeur sur tes autels soit prête à se répandre^ Par un pouvoir du mien victorieux, Sylla qui m*a coûté les plus tendres hommages,

A peine a paru dans ces lieux,

Que Tair s'est couvert de nuages

Qui Font dérobée à mes yeux.

Où Circé la tient-elle? Apprends-le-moi de grâce,

Et sois favorable à mes vœux.

VBNUS.

Le Soleil de sa fille a soutenu Taudace ; Mais, Glaucus, persévère, et malgré la disgrâce Qui semble attachée à tes feux.

Sors du trouble qui t*embarrasse« De ces amours que j'ai fait suivre exprès. Ici de tous c6tés la troupe répandue, Aux desseins de Circé veillera de si près, Qu'en vain elle croirait échapper à leur vue. Amours, séparez-vous autour de ce palais. Et pénétrez si bien les lieux les plus secrets,

Qu'à Glaucus Sylla soit rendue, C'est tout ce que je puis pour remplir tes souhaits.

(Les amours s'envolent de tous côtés, et Vénus remonte dans son globe.)

C'en est assez, déesse, et je ne dois rien craindre Puisqu'enfin ta bonté s'intéresse pour moi. Suis-moi, viens.

PALÉMON

A ce que je voi, Vous croyez n'être plus à plaindre ; Tout vous rit, et Vénus qui jamais ne sut feindre. Vous a parlé de bonne foi.

GLAUCUS

Oui, je cède à l'espoir qu'elle vient de me rendre; Après ce qu'elle a dit, ce serait rofTenser Que de songer à m'en défendre.

PALÉMON

Je crois qu'il en faut tout attendre ; Mais fût l'amour tout prêt à vous récompenser,

C'est courir longtemps sans rien prendre; Et la peine au plaisir me ferait renoncer.

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