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SCÈNE V CIRCÉ, SYLU, DORINE

Ah, madame!

DOaiNB.

CIRCé.

A quel ardent courroux Vous va porter ce qui se passe 1 U n'est que trop certain. Vénus prend contre vous

Le parti du prince de Thrace.

En vain vous avez cru pouvoir Tassujettir, Inquiet pour Sylla qu'il a longtemps cherchée, n proférait son nom, le faisait retentir, Quand deux Amours sont venus l'avertir, Que dans ce bois vous la teniez cachée. L'un d'eux prend soin de Tamener, Vous Tallez voir ici paraître; El dans l'appui qu'il a peut-être, Votre art de son pouvoir, quoi qu'il veuille ordon- Aura peine à se rendre mattre. [oer,

STLLA.

Madame, au nom des dieux, ne m'abandonnez pas, Vous pouvez tout pour moi dans un destin si rude.

CIRCé.

Le remède à ce mal veut de la promptitude, Et votre seule fuite en d'éloignés climats

Peut calmer votre inquiétude.

Thèbes où Mélicerte est aussi craint qu'aimé, Par son hymen vous doit avoir pour reine. Par les routes de l'air souffrez qu'on vous y mène. Il vous suivra de près, et de son cœur charmé La conquête par là vous deviendra certaine.

SYLL.i.

Je m'abandonne à vous.

CIRCé.

Paraissez devant moi, Esprits qui m'écoutez.

STLLA.

Ah, ciell Madame?

GIRCé.

Quoi, Vous fuyez à les voir? Que rien ne vous étonne.

Je réponds de votre personne.

Vous pouvez les souffrir sans en prendre d'efiTroi. Partez, et pour Sylla faites ce que j'ordonne.

(Quatre esprits viennent enlever Sylla ; et quand elle est au milieu de l'air, quatre Amours se détachent du haut du cintre, et après avoir combattu quelque temps les esprits, ils l'arrachent de leurs mains, et l'emportent dans le palais de Vénus.)

J'ai l'avantage au moins... Mais qu'est-ce que Je

[voi?

Dorine, les Amours à mes projets s'opposent.

DORINE

L'obstacle me surprend, qui l'aurait pu prévoir?

CIRCé.

Quoi de mes charmes ils disposent.

Et l'on entreprendra d'en borner le pouvoir? Animez-vous, esprits, qui toujours invincibles, M'avez fait triompher en cent divers combats, Forcez vos ennemis, et ne vous rendez pas ; A ma gloire contre eux seriez-vous insensibles? Mais quoi ? Vous reculez? Vous cédez Sylla? Dieux I C'en est fait, les Amours l'enlèvent à mes yeux. Tu l'emportes, Vénus, et je me vois réduite Au plus mortel ennui qui pouvait m'accabler; Mais le lâche pour qui l'amour m'a trop séduite, Verra peut-être par la suite Que qui m'outrage a sujet de trembler.

Plus pour lui de tendresse ; il faut que pour ma gloi- L'horreur de son destin réponde à ma fierté, [re

DORINB.

Armez-vous pour sa perte, il l'a trop mérité;

Mais, madame, j'ai peine à croire, Après l'heureux succès de sa témérité, Que sur lui votre haine emporte la victoire.

aRCB.

Je serais forcée à céder.

Moi, qui puis arrêtant les fleuves dans leur course , Les faire,d'un seul mot, remonter vers leur source?

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